À l’heure où le décrochage scolaire est en hausse au Québec, tout particulièrement chez les jeunes des milieux défavorisés (Statistique Canada), parents, enseignants et gouvernements travaillent fort pour trouver des solutions. Je me souviens très bien que quand j’étais une élève, ce qui me motivait le plus à l’école c’était les projets concrets : levée de fonds pour financer un voyage humanitaire, activité de conscientisation à l’environnement pour les citoyens du quartier, mise sur pied d’un petit magasin de meubles usagés, etc.

Pas que je n’aimais pas les cours théoriques, mais ces projets me permettaient tout simplement de me sentir valorisée et de me rendre compte qu’avec beaucoup de volonté, on peut réaliser de grandes choses. Ce sentiment de valorisation, lorsqu’un jeune participe à un projet entrepreneurial, serait-il l’un des remèdes au décrochage ?

Tout récemment, j’ai assisté à la présentation d’un projet bien spécial, qui m’a rappelé cette petite étincelle que j’avais dans les yeux quand mon professeur nous annonçait que nous allions créer une petite entreprise. Ce projet c’est Valoris.

Valoris est une initiative du Concours québécois en entrepreneuriat. Le Concours comporte déjà un volet entrepreneuriat étudiant, mais il y avait le désir de créer un nouveau volet destiné à des clientèles non admissibles (hors-scolaire, décrocheurs, etc.) : l’entrepreneuriat ciblé. Valoris fait donc partie de ce volet et s’adresse spécifiquement aux jeunes des milieux défavorisés. Sa mission ? Favoriser la réalisation de projets entrepreneuriaux par les jeunes des écoles primaires et secondaires du Québec, situées en milieu défavorisé, pour les valoriser par l’action. L’objectif étant de permettre au plus grand nombre de jeunes possible de vivre une expérience significative en réalisant un projet entrepreneurial.

Pourquoi prioriser les écoles des milieux défavorisés ? Il y a plusieurs raisons : les retombées observées dans les milieux défavorisés sont plus percutantes auprès de ces jeunes, l’entrepreneuriat est encore peu reconnu en tant qu’outil de prévention au décrochage social et scolaire, les projets entrepreneuriaux offrent la possibilité de toucher un maximum de jeunes, en peu de temps, à peu de frais, etc.

La première phase du projet Valoris a consisté à développer des projets entrepreneuriaux dans les milieux défavorisés et à en évaluer les retombées. Un sondage
a donc été effectué en 2008-2009 auprès des élèves et des responsables de projet des dix écoles associées à Valoris, dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Voici quelques résultats :

  • 94% des élèves aiment être impliqués dans un projet entrepreneurial;
  • 73 % des élèves sondés affirment avoir le goût d’entreprendre d’autres projets;
  • 83 % des enseignants affirment que réaliser des projets entrepreneuriaux est très stimulant;
  • près de 7 enseignants sur 10 affirment que le projet a permis de diminuer les troubles de comportement chez les élèves et d’accroître la persévérance scolaire.

La deuxième phase est maintenant enclenchée! Une escouade nationale a été déployée, des partenaires ont été mobilisés dans plusieurs régions, entre autres à Montréal où les premières démarches ont été entreprises. Valoris doit continuer de se développer, mais pour cela il doit y avoir des personnes qui y croient, des porteurs régionaux qui diffusent l’information. En espérant que ce projet grandira, s’étendra, et que des centaines, voir des milliers de jeunes auront cette étincelle dans les yeux et le goût d’entreprendre. N’oublions pas que plusieurs de ces jeunes sont, eux aussi, les entrepreneurs de demain.

 

Pour plus de renseignements concernant cette initiative, contactez Andréanne DuBois, coordonnatrice nationale Valoris, au 418 644-4255, poste 2432 ou par courriel à andreanne.dubois@riq.qc.ca

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