Hélène Veilleux, chef d’équipe accueil et orientation au SAJE, a coordonné la réalisation du guide ImmigrAffaires, un guide à l’intention des immigrants désirant démarrer une entreprise au Québec. J’ai rencontré Hélène pour en savoir plus sur son expérience en tant que coordonnatrice, ainsi que sur les réalités de l’entrepreneuriat au Québec auxquelles les immigrants doivent faire face.

La coordination du projet

La plus grande difficulté liée à ce projet, m’a confié Hélène, a été de recueillir le plus grand nombre possible de témoignages d’entrepreneurs issus de communautés culturelles différentes. Comme elle l’a souligné : « Il faut aussi considérer l’ampleur du projet et les délais que nous avions pour arriver à rejoindre le plus de gens possible ».

Cependant, malgré quelques contraintes, l’objectif a été atteint. « Il y avait bel et bien une demande pour ce genre d’outil, mais la réalisation impliquait beaucoup d’heures de travail et de recherches », m’a-t-elle dit. C’est donc avec volonté, dynamisme et motivation que plusieurs personnes se sont unies, afin de contribuer à la conception du guide ImmigrAffaires.

Mais ce qu’elle retient de ce projet, c’est surtout le côté enrichissant. « Les discussions entre les intervenants des diverses communautés culturelles étaient captivantes! Parfois, les échanges ne se limitaient pas à l’entrepreneuriat, mais dérivaient sur la vie de tous les jours, les relations de couples, etc.»  

Problématiques et conseils

Plusieurs thèmes sont abordés dans le guide ImmigrAffaires. Hélène Veilleux a d’ailleurs constaté, selon son expérience, que l’un de ces thèmes entraîne souvent des problématiques chez les entrepreneurs immigrants, soit la culture d’affaires québécoise. Des exemples tels que le code vestimentaire au travail et la ponctualité en font partie. « La culture d’affaires québécoise est souvent comparée à la culture américaine. Par exemple, c’est mal vu ici d’arriver en retard à un rendez-vous ou une réunion, alors que dans certaines communautés un retard passe inaperçu. »

Les immigrants ont-ils facilement accès à des ressources pour les aider à mieux s’adapter au monde des affaires québécois ? Selon les propos d’Hélène, la difficulté n’est pas d’avoir accès à ces ressources, mais bien de savoir vers quels organismes se tourner. « ImmigrAffaires contient d’ailleurs une foule de renseignements sur les différentes ressources disponibles pour aider les entrepreneurs immigrants à mieux s’orienter », a-t-elle souligné.

Qu’aimerait-elle dire aux immigrants qui désirent se lancer en affaires ? « Faites-vous accompagner dans vos démarches par un organisme de soutien à l’entrepreneuriat, ne restez jamais seuls avec vos problématiques, parlez à un conseiller par exemple, et inscrivez-vous à une chambre commerce ou participez à des activités de réseautage afin d’échanger avec d’autres entrepreneurs. »

Réunir en un seul outil de référence, gratuit et facilement accessible, autant d’information était un grand défi! Tous ceux qui y ont contribué, de près ou de loin, peuvent en être fiers.

Le guide ImmigrAffaires est disponible gratuitement en version PDF, en français et en anglais. Pour le télécharger, cliquez ici : http://www.sajeenaffaires.org/immigraffaires.php

Êtes-vous un entrepreneur immigrant ? Avez-vous une expérience, une problématique ou une anecdote à partager ? Nous désirons avoir votre point de vue.

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2 Responses to “ImmigrAffaires : à la rencontre d’une nouvelle réalité”

  1. Gabriela Tulian Says:

    Je suis une immigrante en affaire depuis 2 ans. Je crois que la problématique la plus importante à laquelle nous devons faire fasse est le développement du réseau.

    Le code vestimentaire et la ponctualité font partie des valeurs personnelles – éducation et non d’une culture.

    C’est beaucoup plus difficile de partir une compagnie avec un réseau de 10 personnes (amis, famille, collègues, etc), que partir avec un réseau de 300.
    Le temps moyenne pour stabiliser une compagnie certainement prend plus de temps pour un immigrant.

    La gestion générale d’une compagnie au Canada est bien différente qu’en Europe ou le reste de l’Amérique, alors là aussi il faut s’adapter et instruire à fin de bien gérer ses affaires.

    Je vous dis courage à tous les immigrants et surtout ne lâchez pas!!

    Gabriela Tulian
    Propriétaire de MPG
    http://www.monpaniergourmet.ca

  2. Krystel Jobin Says:

    Merci pour votre commentaire. C’est intéressant de constater que les opinions sont mitigées quant à la culture d’affaires. Plusieurs personnes associent le code vestimentaire et la ponctualité à la culture, alors que vous, et certainement d’autres personnes, les associent plutôt aux valeurs personnelles.

    Ce serait intéressant d’avoir d’autres avis! :)

    Krystel Jobin
    Chargée de projet, SAJE

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