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Cet article a été rédigé par M. Bruno Vaillancourt, agent d’information, accueil et orientation au SAJE.

La procrastination, c’est remettre à plus tard des tâches importantes
pour s’adonner à des loisirs. Cela peut être aussi de concentrer son attention
sur des tâches simples au lieu de travailler fort à des tâches complexes (et dont la valeur ajoutée pour l’entreprise peut être plus intéressante).

La procrastination au travail (et en affaires!) n’a pas que des conséquences sur ses propres performances. Elle peut entraîner un climat de frustration avec nos clients, fournisseurs, associés et employés : tous ces intervenants peuvent en subir les conséquences, et, par le fait même,
notre image peut en être affectée (on peut alors être perçu comme n’étant pas fiable).

Enfin, on risque de ressentir découragement et fatigue à l’idée qu’il est déjà trop tard pour respecter un échéancier. Si la tâche paraissait désagréable à réaliser au départ, le stress occasionné par la
procrastination va renforcer cette perception.

En repoussant tout à la limite de l’échéancier, on risque d’être confronté à d’autres problèmes :

  • On risque de ne plus avoir de ressources à notre disposition si un problème surgit dans la réalisation de la tâche. Par exemple, j’ai un échéancier à respecter pour soumissionner sur un contrat et parce que je m’y suis pris à la dernière minute, il me manque du temps pour récolter de l’information auprès d’un fournisseur afin de compléter ma soumission.
  • Un problème technique mineur non réglé  peut entraîner des problèmes plus sérieux comme repousser la réparation sur un équipement. La procrastination peut donc être source de complications qui auraient pu être traitées sans difficulté.

Que faire pour s’en sortir?

La procrastination est une habitude qui engendre la procrastination : moins on en fait, moins on a envie d’en faire. C’est de briser le cercle vicieux qui est le plus difficile dans le « processus de guérison ».

Les raisons de cesser de procrastiner sont nombreuses :

  • La satisfaction du devoir accompli;
  • être plus heureux en étant fier d’être plus actif;
  • être reconnu dans son milieu de travail et entretenir un grand réseau de contacts;
  • permettre de cheminer vers la personne qu’on aimerait être.

Alors, comment s’y prend-on?

Voici une liste de solutions qui pourraient s’appliquer à votre situation, dans le cas évidemment où vous seriez atteint de procrastination :

  • D’abord être convaincu qu’on peut changer et s’améliorer (autosuggestion).
  • Arrêter d’en rire et de « valoriser » la paresse : souvent les paresseux font rire les autres avec leurs « exploits ». On peut penser aux aventures de Gaston Lagaffe.
  • Cesser de réfléchir dans l’abstrait et se porter à l’action en ayant à l’esprit cette question : « Qu’est-ce que je peux faire maintenant pour faire avancer les choses ? »
  • Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse. Par exemple, on peut demander aux collègues de se rencontrer brièvement à intervalles réguliers pour faire des suivis sur l’évolution des dossiers.
  • Agir!  On peut hésiter entre débuter parce qui est facile ou bien difficile. En effet, certains écrits prônent de débuter avec ce que l’on aime le moins pour ensuite se récompenser dans des tâches que l’on aime. D’autres auteurs prétendent qu’en débutant parce que l’on aime, le fait d’avoir avancé dans notre tâche devrait nous encourager pour la suite. Peu importe l’approche que l’on va préférer, l’important c’est de commencer!
  • Faire de l’exercice. Le télétravail permet de gérer son temps pour  l’adapter à ses besoins personnels. Sortir prendre une marche ou s’entraîner aura des effets davantage reposants que de rester devant son écran à naviguer sur internet ou jouer à des jeux vidéo.
  • La tenue d’un journal de bord peut être une source d’informations pour mieux se comprendre. On note alors nos réflexions sur les raisons qui nous poussent à repousser une tâche. Il faut aussi prendre soin de noter ses succès et la satisfaction qu’on en retire!
  • Le « pacte des 20 minutes » : on se donne l’objectif de se concentrer uniquement à la tâche pendant 20 minutes. Cela fait progresser notre travail et un laps de 20 minutes est tout à fait réalisable. Selon la gravité de notre procrastination, on peut réduire la durée du pacte afin d’éventuellement rallonger la durée de celui-ci.
  • Pour certaines personnes, la peur de l’échec est une raison qui nuit au passage à l’action. Relativiser les conséquences de cet échec permettra de voir qu’elles ne seront peut-être pas si graves, d’autant plus qu’il s’agira là d’une belle occasion d’apprendre.
  • Se « protéger » des distractions plus particulièrement lors de la réalisation d’une tâche qu’on aime le moins. Par exemple, si notre logiciel de courriel émet un son lorsqu’un courriel est arrivé, on peut le fermer le temps de réaliser la tâche. Ainsi, on s’évite la tentation de laisser cette dernière de côté pour aller lire et répondre au courriel reçu.
  • Visualiser les problèmes que l’on peut créer en ne faisant rien. Ainsi, l’analyse des conséquences peut être source de motivation à passer à l’action.
  • Établir une liste d’objectifs et de tâches pour mieux gérer son temps. Cette liste pourrait inclure des échéanciers qui pourraient assurer la réalisation du projet dans les temps demandés. Quand ces échéanciers sont rencontrés, on peut alors envisager de se récompenser (s’offrir un diner au resto, une journée spa détente, etc.).

Le conseil ultime : Diviser un projet en petites tâches. D’une part, cela aide à savoir par où commencer. Ensuite, le fait de planifier le projet étape par étape nous encourage à avancer et nous permet d’établir un échéancier plus concret et plus précis.

La procrastination n’est pas une fatalité. Des gestes bien concrets peuvent être posés simplement pour des bénéfices très intéressants, tant en terme de productivité que de qualité de vie.

Avez-vous d’autres conseils à donner à nos lecteurs procrastinateurs ? :)

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3 Responses to “Conseils pour procrastinateurs avertis”

  1. sebastien jasmin Says:

    très bon article. Il est important de garder la direction vers ses objectifs. Dans le cas contraire, on devient comme le lapin (course entre le lapin et la tortue) et on se laisse tomber son objectif et on finit par perdre la course… l’objectif.

  2. Krystel Jobin Says:

    Bonjour M. Jasmin :)

    Effectivement, dans les faits, tout le monde sait ce qu’est un objectif. Cependant, les différentes étapes pour y arriver sont tout aussi importantes, mais parfois leur planification n’est pas efficace et on s’y perd.

    Je ne connais pas beaucoup de personnes qui n’ont jamais jamais procrastiné, alors le sujet est assez universel :)

  3. Stéphanie Airaud Says:

    Bonjour,
    Effectivement, si l’objectif est important, la façon de s’y rendre et de le planifier efficacement est tout aussi essentielle. Entrepreneure en démarrage, cet article prend tout son sens notamment dans le rejet à plus tard de tâches moins agréables mais obligatoires! Etre son patron = plus de compte à rendre donc on peut procrastiner à son aise…et non, c’est même le contraire! Les comptes seront indirectement rendus à nos clients, fournisseurs et financiers. Mais la bonne nouvelle c’est que ça se soigne. Et oui, c’est une discipline mais qui porte ses fruits!

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