On vous avait déjà présenté Rhodnie Désir, fondatrice de Dêzam, l’année dernière lors d’une entrevue. Dêzam est une ressource d’actions artistiques proposant des ateliers, de la formation,  de la consultation en développement de projets artistiques d’envergure pour le milieu jeunesse et institutionnel. Nous souhaitions aujourd’hui la laisser vous transmettre son expérience et ses conseils concernant un défi qu’elle a su relever : la gestion de pigistes.

1-    Qu’est-ce qui t’a poussé à faire appel à des pigistes?

Je n’avais pas les ressources financières pour recruter du personnel permanent, et surtout, je n’avais pas l’assurance d’avoir des clients récurrents. De plus, le milieu artistique est un milieu incertain qui fonctionne majoritairement avec des artistes pigistes, je me suis donc adaptée à ce marché.

Avoir plusieurs pigistes me permet d’agrandir ma palette d’offres, de proposer des nouveautés et de répondre aux demandes d’un plus grand nombre d’écoles. C’est comme un menu à la carte! Grâce à eux, l’entreprise propose à la fois de la percussion, de la danse… ce qui me permet d’aller chercher plus de clientèle.

2-    Comment se passe la gestion de ces ressources humaines?

Une équipe de pigistes, qui plus est, d’artistes, c’est un double travail. Il y a, d’un côté, la gestion d’artistes, les idées qui foisonnent et qu’il faut contenir pour satisfaire le mandat et il y a d’un autre côté, la gestion de ressources humaines à proprement parler et qui nécessite une structure. C’est là où le SAJE m’a aidée (Rhodnie est accompagnée par le département Gestion Croissance). Il a fallu que j’amène un gabarit, car, même si c’est un milieu créatif, je devais trouver comment canaliser toutes ces idées et ces énergies pour que la qualité du service rendu soit la même d’une école à l’autre.

3-    Faire adhérer les pigistes à la vision de l’entreprise est très important, quelles sont les actions que tu as menées pour y arriver?

Tout d’abord, j’ai dû revoir ma façon de travailler et le « pourquoi » j’ai fondé mon entreprise. J’ai monté le canevas des ateliers, mais j’ai voulu leur montrer que ce sont LEURS expériences qui vont enrichir les ateliers. Pour cela, j’ai développé la vision 50/50 : 50% de l’atelier est lié à l’apprentissage (partage des connaissances de l’artiste) et 50% à la créativité (ce que le groupe a à apporter dans un contexte de création). Je ne souhaite pas étouffer les artistes qui ont besoin d’ajouter du leur tout en leur permettant de créer à l’intérieur du canevas que je leur donne. Et c’est entre-autre, pourquoi certains artistes continuent de collaborer avec DÊZAM après toutes ces années.

4-    Comment gères-tu concrètement ces ressources humaines?

Dès le départ, pendant l’entrevue, je place la vision. Au fil du temps, je me suis rendu compte que ce n’était pas suffisant, alors j’ai dû monter le guide de l’employé qui mentionne ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire sur le terrain, au niveau éthique.

Il y a aussi une évaluation papier faite par l’école me permettant de faire un retour après atelier, ce qui confère un certain niveau de professionnalisme. Enfin, je signe un contrat de confidentialité et de non-concurrence.

5-    Quels seraient tes conseils pour les entrepreneurs qui souhaiteraient recruter des pigistes?

Il faut conserver le côté humain, être clair au niveau de la vision d’entreprise, mettre en place un gabarit tout en conservant une certaine souplesse, car le pigiste choisit d’être libre et si on l’étouffe il va partir en courant. Il faut le laisser amener ce qu’il a à amener et ne pas le travestir en employé.

Merci Rhodnie !

Je vous invite à visiter son site internet : http://desirdezam.com/

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