À moins de 30 ans, le PDG de BiogeniQ  a réussi à mobiliser plus d’un million de dollars de financement, ce, après seulement un an d’activités.

Il n’y a pas si longtemps Étienne Crevier était étudiant à la maîtrise en biochimie moléculaire à l’Université de Montréal.

Petite histoire d’un parcours entrepreneurial fulgurant.


Étienne Crevier, PDG de BiogeniQ

C’est un événement dans la vie personnelle d’Étienne qui servira de détonateur. Le père d’Étienne, médecin, meurt prématurément d’un arrêt cardiaque alors qu’il semblait en excellente santé.

Sous le choc, Étienne s’informe auprès des généticiens à savoir si son père avait des prédispositions génétiques à un tel incident. La réponse est affirmative. Il se demande : mon père aurait-il pu prévenir le coup et adapter son mode de vie à la lumière de cette information?

« Mon père et moi discutions déjà des applications  de la connaissance de notre génétique comme outil de prévention dans le domaine médicale. Au Canada, le terrain est encore relativement vierge dans ce domaine puisque de telles informations génétiques servent presque exclusivement à des fins d’études épidémiologiques. »

Étienne se lance. Il oublie le doctorat et s’inscrit au MBA.

Il étudie dans un seul but, fonder BiogeniQ, dont la mission est de rendre accessible des tests d’ADN permettant aux individus et professionnels de la santé d’adapter leur mode de vie (ou ceux de leurs patients) à leur profil génétique.

« Tout a démarré rapidement. J’ai commencé à faire des ventes et je n’avais pas de plan d’affaires. Je participais à des concours et on me posait des questions sur différents aspects de mon entreprise. Je répondais : Oups, je n’ai pas du tout  pensé à ça! »

Étudiant au visage juvénile, novice du monde des affaires, Étienne a du se bâtir une crédibilité.

« C’est surtout en essayant d’aller chercher du financement que cela m’a bloqué on m’a dit : Va faire tes devoirs! C’est à ce moment que j’ai cogné à la porte du SAJE au service Gestion croissance.»

«Établir sa crédibilité est un défi majeur pour toute nouvelle entreprise et l’est d’autant plus dans le domaine médical. Manipuler ce genre de données génétiques ou toutes autres informations personnelles devient vite un enjeu très sensible. L’entrepreneur doit rechercher des appuis solides et être cohérent avec les recherches scientifiques. L’appui d’experts, la reconnaissance d’organismes de contrôle sont incontournables pour réussir. Cela facilitera grandement l’obtention d’investissements financiers.», de commenter Michel Hogue, conseiller en démarrage d’entreprise depuis près de 10 ans.

 « Mon conseiller du SAJE m’a inculqué de bonnes habitudes pour développer ma culture d’affaires. Chaque jour, je me tiens informé en lisant les revues scientifiques, les articles. Je regarde les chiffres de mon entreprise et j’observe les tendances du marché. »

Étienne Crevier collabore avec plusieurs chercheurs et sonde l’avis des médecins pour développer ses produits et services. « Nous sommes accrédités par un Comité d’Éthique à la Recherche (CER) qui nous a émis un certificat d’approbation éthique de nos processus et de nos pratiques.  Santé Canada est dans notre ligne de mire également. »

Bref, le jeune homme met tout en branle pour obtenir le cautionnement des professionnels du domaine dans le développement de ses produits et ainsi obtenir les meilleurs sceaux de la part des instances de réglementation.

BiogeniQ compte aujourd’hui 7 employés à temps plein,  4 à temps partiel. Ses deux tests (l’un portant sur les recommandations alimentaires et l’autre sur la tolérance aux médicaments) sont distribués dans 25 pharmacies, dans 15 cliniques médicales et auprès de 150 médecins.

Ces derniers mois, BiogeniQ attire l’attention et les félicitations. Étienne gagne le grand prix national Innovations technologique et technique du Concours québécois en entrepreneuriat édition 2014, reçoit une bourse du Fonds dinnovation Spin Master et gagne le concours #PropulserMTL 2014 de la Jeune Chambre de Commerce de Montréal. Il obtient le prix de l’entrepreneur scientifique de l’année de l’Association pour le développement de la recherche et de l’innovation du Québec et devient lauréat de la Fondation Montréal inc.

« Le financement obtenu lors de ces concours m’a permis de quitter mon emploi, de verser des salaires. En effet, il y a eu un moment où les finances étaient au rouge.  Mais on a su persévérer assez longtemps pour être prêts quand l’opportunité arrive. Je sais que beaucoup d’entrepreneurs vivent des phases de précarité mais il faut tenir le coup. Parce que…Être entrepreneur, c’est LA meilleure job au monde! »

 


 

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