13
août

L’entreprise Lambert & fils est un joyau du domaine du design et du meuble à Montréal. Fondé en 2010 par Samuel Lambert, le studio collaboratif de création de luminaires emploie aujourd’hui 22 personnes et a un chiffre d’affaires frôlant les 2 millions de dollars. Leurs produits sont distribués en Amérique et les demandes arrivent maintenant d’Europe et d’Australie!

Samuel Lambert, président-fondateur, est catégorique : c’est définitivement la qualité du produit qui fait sa popularité.

Portrait d’un artisan pour qui l’entrepreneuriat a toujours été la voie vers le bonheur.

« Serial entrepreneur »

Enfant, Samuel aimait sortir à la campagne après les averses pour recueillir les vers de terre et les revendre aux pêcheurs du coin. C’était sa petite entreprise. Fils d’un père qui passait beaucoup de temps dans son atelier de poterie, il a toujours été attiré par la création et le travail manuel.

C’est d’ailleurs en l’honneur de mon père – et pour mettre un peu de pression sur mon fils, dit-il en souriant – que j’ai nommé l’entreprise Lambert & fils.

Samuel Lambert, fondateur de Lambert & Fils

Samuel se qualifie de touche-à-tout. En 1994, après des études en Cinéma et une spécialisation en Arts Plastiques, il démarre sa propre boîte de montage vidéo.

Quelques années plus tard, le local situé en dessous des bureaux de son entreprise se retrouve vacant et il décide d’y opérer un café. Parallèlement, il se rend compte en 2003 que l’entreprise de production vidéo nécessiterait de gros investissements pour se démarquer des nombreux concurrents sur le marché. Il vendra l’entreprise en 2004 mais continue d’opérer le café jusqu’en 2006.

« J’étais devenu un gestionnaire, je participais moins au processus créatif et ça me rendait malheureux. Ce que j’avais aimé avec le café, c’est l’idéation du concept, l’aménagement, la décoration… Démarrer une entreprise c’est grisant car on est dans la création! Cela dit, opérer un restaurant, c’est lourd : il faut être à l’affût quotidiennement, recalculer nos coûts de revient et être présent pour prendre le pouls de la clientèle. C’était trop pour moi. J’ai vendu mes parts. »

De travailleur autonome à chef d’entreprise

Après avoir vendu ses deux entreprises, Samuel Lambert s’est retrouvé assis derrière un ordinateur comme employé. Le voyant malheureux, sa conjointe l’a alors encouragé à changer les choses en lui disant : « Je veux que notre fils ait un père épanoui. »

Sans avoir de plan précis, Samuel quitte son emploi et loue un local sur la rue Beaubien pour y vendre des meubles et lampes vintage. Son fonds de commerce : sa collection personnelle de chaises en fibre de verre datant des années 50-60.

« Lorsque je vendais une chaise, je pouvais m’acheter des pièces pour fabriquer des lampes et des luminaires. J’ai rapidement pris goût à la création de ces objets usuels, mais relativement simples à fabriquer! Mon besoin de travailler de mes mains était satisfait rapidement et sans trop de risque. »

Il avoue lui-même qu’au démarrage de cette entreprise, la fabrication de lampes était une obsession. Comme il créait ses lampes originales à partir de pièce usagées, les vacances familiales servaient à aller chercher des pièces sur la côte est américaine, ses nuits étaient passées sur le Web à s’inspirer et l’ambiance de son local sur Beaubien était surréaliste. Tel un savant fou, les clients l’apercevaient au fond de la salle de montre, dans l’atelier.

Le SAJE est arrivé dans sa vie au moment où il a pris la décision de cesser d’être un travailleur autonome et de faire de Lambert et fils, une VRAIE entreprise. Se considérant très doué pour créer le momentum et démarrer un projet, il ne voulait pas refaire les erreurs du passé et être pris dans le tourbillon de la croissance.

« Je compare les services du SAJE à ceux d’un CLSC : C’est rentable pour la société! Vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit. Les conseils que j’ai reçus du SAJE m’ont aidé à ne pas me  blesser pour que je reste en vie et que je grandisse en santé.  En tant que travailleur autonome, on a parfois le sentiment d’être isolé et on a besoin de parler. Peu importe le problème, le simple fait de prendre du recul et d’en parler, on dirait que ça me rend moins perdu. Rencontrer des gens et discuter des enjeux qui nous préoccupent, c’est toujours bénéfique et ça nous fait avancer. »

« C’est ce que nous constatons en accompagnant des travailleurs autonomes : l’isolement constitue parfois un frein à la croissance. » de commenter Lydia Tetyczka, conseillère en démarrage d’entreprise et formatrice pour le Cercle entrepreneurial. « Le codéveloppement professionnel est une approche qui réunit justement un groupe d’entrepreneurs qui partagent des problématiques professionnelles et cultivent une « intelligence collective » grâce à un processus structuré basé sur l’écoute et la réflexion pour encourager les actions. Les travailleurs autonomes échangent sur des problèmes concrets dans une dynamique d’échange participatif. C’est souvent cette capacité de prendre du recul qui permet au projet d’entreprise de grandir. »

 Vendre mondialement grâce au Web

Aujourd’hui, Samuel a atteint l’équilibre. Il agit à titre de directeur artistique, il gère les collections et s’amuse avec des projets spéciaux sur mesure, accompagné d’une équipe complémentaire. Outre son bras droit, Christine, responsable de l’administration et de la comptabilité, il travaille avec des designers, des chargés de projets, une équipe de fabrication, une équipe de vendeurs et une équipe d’expédition.

« Je me suis découvert un intérêt pour la gestion des ressources humaines. En y pensant bien, ça prend de la créativité pour composer avec tous les types de personnalités, pour recruter les bonnes personnes et faire en sorte qu’elles veulent évoluer avec nous à long terme. »

Et cette demande provient de partout dans le monde. Outre les commandes des État-Unis (surtout New York) et du reste du Canada, où il a des distributeurs, il reçoit de nombreuses demandes d’Australie, d’Europe et d’Asie par l’entremise de son site web et des médias sociaux. Quand les produits sont originaux et de bonne qualité, le bouche à oreille fait le travail!

 

 

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