Jean Gosselin n’a pas honte de le dire : il est du type « grande gueule ». Ça tombe bien, car… c’est un peu pour ça qu’on le paie. La communication, trouver le message juste, la façon et le moment de le dire, c’est son gagne-pain. Son nom fait l’entreprise dont il est le seul employé. Jean Gosselin | Stratège en communications corporatives se spécialise dans les stratégies de communication, la gestion de réputation et relations publiques pour entreprises privées, personnalités ou OSBL.

C’est avec un bagage de plus de 30 ans d’expérience cumulés d’abord auprès d’organisation du milieu du sport et du loisir, puis en agence (chez National) que l’homme dans la cinquantaine s’est lancé à son compte, au printemps 2012.

« Vous considérez-vous comme un entrepreneur ou plutôt un travailleur autonome, à la base?» est ma première question.

Il hésite, jongle. Puis, l’homme au nœud papillon (il en a des douzaines et en fait sa marque de commerce) répond avec toute sa volubilité : « Il n’y a pas si longtemps je ne voulais pas me définir comme un entrepreneur. Un entrepreneur souhaite que son entreprise grandisse. L’objectif de croissance de mes ressources humaines est fixé à 0 %! Je dirais en fait que je suis plutôt un travailleur autonome qui a un pas pire esprit entrepreneurial.»

C’est lors d’un congé sabbatique à la fin de 2009 que tout se met en marche. Il profite de ce temps d’arrêt pour réfléchir à ce que serait son avenir professionnel. Un peu surpris, car il ne s’y attendait pas, il est interpellé pour effectuer des mandats. Le germe du travailleur autonome vient d’être semé, mais ce n’est pas encore le moment du grand saut.

Au mois d’août 2010, il reprend le collier. Expert du marketing sportif, il se joint au Comité olympique canadien pour y conseiller le nouveau président et la nouvelle haute direction alors qu’ils prenaient les reines de l’organisation. Quelques mois après la fin de ce mandat, au printemps 2012, il décide de se lancer et depuis, tout coule de source.

« J’aimais mon travail, mais je voulais surtout me concentrer sur mon rôle de conseiller stratégique auprès des organisations. Je voulais aussi récupérer les décisions sur mon agenda. Mon congé sabbatique m’a permis de comprendre que l’indice de bonheur, au travail comme ailleurs, devait prendre plus de place dans la balance de mes choix. »

Avec l’intention de démystifier le travail autonome et parce qu’il aime aller au fond des choses, Jean Gosselin s’attelle à la Mesure de soutien au travailleur autonome qui lui donne l’encadrement nécessaire pour peaufiner son projet.

Avec la formation Lancement d’entreprise, il réalise qu’il est pas mal plus entrepreneur qu’il ne le pensait. Sans qu’il s’en aperçoive, la vie de consultant l’a préparé à vivre l’entrepreneuriat.

« En fait, même si j’avais un patron et un chèque deux fois par mois, je me suis rendu compte que ma façon de travailler en agence faisait preuve d’esprit entrepreneurial. Il fallait trouver de nouveaux services à offrir, de nouvelles avenues à prendre. Il fallait être créatif et autonome. »

SAVIEZ-VOUS QUE…
75% des entrepreneurs à Montréal sont travailleurs autonomes?

Le SAJE, branché sur cette réalité, offre des services qui permettent aux pigistes  et travailleurs indépendants de faire avancer leur carrière.Que vous soyez enregistré ou incorporé, plusieurs formations et ateliers vous sont destinés. Voyez le programme subventionné Soutien au travail autonome (certains critères s’appliquent). Des ateliers ponctuels, notamment sur la fiscalité et la comptabilité, sont aussi disponibles.

Puis, sur sa route, la formation Vente-Conseil :

« Je dois l’avouer, j’étais réfractaire à suivre cette formation, ayant beaucoup de préjugés face à la vente. Tout de suite, c’était l’image du vendeur d’aspirateurs qui me venait en tête. Mais j’ai vite réalisé que ce cours est, selon moi, mal nommé. On va beaucoup plus loin que les seules techniques de vente; on devrait plutôt l’appeler « développement d’affaires ». Quand j’ai compris de quoi il en retournait, les préjugés ont pris le bord et j’ai absorbé tout ce que j’ai pu. »

C’est par l’entremise de cette formation qu’il teste aussi, auprès des formateurs et des pairs, ses messages, son esprit persuasif. « Je me surprends à appliquer aujourd’hui des trucs ou techniques de Vente-Conseil. J’ai intégré ça. Au fond, j’aime trouver un nouveau service, une nouvelle façon d’aider mes clients, tout autant les anciens que les nouveaux. Je n’ai pas besoin d’avoir 8000 clients. Ceux que j’ai me confient des mandats que j’aime réaliser.»

Si sa bonne réputation, son carnet de contacts garni et ses 30 ans d’expérience semblent être ses plus grands atouts, Jean Gosselin renchérit : « Mon avantage est un cumul d’expertises avec une préoccupation pour le service client. Qualité, rigueur, disponibilité, faire sentir à son client qu’il est important… Je suis « pas pire » là-dedans. » dit-il en riant.

Son autre ingrédient pour le petit goût de revenez-y : « Je ne suis pas complaisant avec mes clients qui me disent doctorant en « pourquoi » spécialisé en « oui, mais ». C’est de cette façon que je les pousse à réfléchir, à leur faire voir différentes options (même celles qu’ils ne veulent pas voir) afin de les amener à déterminer ce qui est le mieux pour eux. On m’apprécie pour ma franchise. »

« Je touche du bois, tout va bien depuis mon démarrage. Bien entendu, il a fallu faire des ajustements au début. Comme plusieurs entrepreneurs, j’avais un plan d’affaires un peu trop ambitieux. Mon offre de service, tout comme mon segment de clients étaient beaucoup trop vastes. Le marché, mes ressources et ma préoccupation pour mon indice du bonheur m’ont ramené à l’ordre. »

« Maintenant, je me concentre sur ce que je fais le mieux et qui répond à ce que la clientèle que je vise demande. Et quand c’est nécessaire, j’ai recours à mon réseau de collaborateurs qui viennent compléter mon expertise ou qui peuvent prendre en charge les opérations pour me permettre de faire ce que j’aime le mieux, du conseil stratégique en communication corporative, en commandite et en marketing sportif. »

Trait de personnalité ou fruit de l’expérience de vie, l’insécurité du travail autonome ne l’affecte point. J’ai un réseau de contacts établi. Mon métier à moi c’est de prévenir les crises, donc j’applique ça à mon entreprise. Pour prévenir les baisses de régime, je donne des formations, je fais autre chose.»

En effet, son éloquence et son expertise se sont fait remarquer au SAJE puisque Jean Gosselin est devenu un collaborateur régulier. Il est formateur pour le cours Vente-conseil (tiens, tiens…) où il livre notamment le cours sur le marketing. Un formateur apprécié et passionné qui met les entrepreneurs en devenir au défi.

Le travailleur autonome entreprenant est un exemple vivant qu’il n’y a pas d’âge pour faire le saut et devenir son propre patron. Passé la cinquantaine, le bagage d’expérience cumulé forme un plus grand parachute qui rend le vol encore plus doux et planant, pas moins excitant! Et ça, c’est bon l’indice du bonheur.

 

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