Lancée en 2007, Zorah biocosmétiques a vu cette année son chiffre d’affaires bondir de plus de 400% en s’ouvrant aux marchés canadien et international. La popularité des produits Zorah, maintenant disponibles sur les tablettes des magasins naturels du pays entier, a été telle qu’à un certain moment, la production s’est avérée insuffisante pour combler la demande. Les ventes ont dû être stoppées!

« Ce moment a été tellement stressant. On a dû investir dans de la grosse machinerie pour arriver à répondre à cette demande urgente. Disons que ça reste un beau stress! », de commenter la jolie femme à la tête (épaulée de son conjoint) de Zorah biocosmétiques. 

Les débuts : d’heureux hasards!

Trois ans avant de lancer l’entreprise, Mélissa Harvey, qui voulait étudier le commerce équitable, part au Maroc dans le cadre d’un stage en coopération internationale. Elle y rencontre une coopérative de femmes qui produit l’huile d’argan et leur donne un coup de pouce. Les femmes de la coopérative, par manque de fonds, se voient menacées d’expulsion par les propriétaires des terres exploitées pour la culture de l’arganier. Mélissa écoute son cœur et décide d’investir. Elle met toutes ses économies pour sauver la coopérative avec l’idée de vendre l’huile d’argan au Québec.

C’est avec une première cargaison de produits que Mélissa apprend à la dure les rouages de l’export-import. Cette cargaison se vend en moins de 12h au marché Jean-Talon. Ce même jour, elle rencontre une biochimiste qui deviendra une alliée hors pair et l’aidera à créer une première gamme de produits cosmétiques correspondant aux normes de l’industrie. « Zorah, ce n’est que ça : des rencontres opportunes et d’heureux hasards!»

Visez haut

C’est dans les tout débuts de son projet d’affaires que Mélissa Harvey va cogner à la porte du SAJE en y voyant plusieurs avantages. « J’étais déjà avancée dans mon plan d’affaires, mais en complétant la formation Lancement d’une entreprise, j’ai pu gagner en crédibilité auprès des prêteurs. Faire son plan d’affaires avec le SAJE : ça ouvre des portes! »

Pour créer ses gammes de produits, elle s’inspire des propriétés d’une matière naturelle. Que ce soit le beurre de Cupuaçu, de chia, de karité, l’huile d’argan ou autre… les produits élaborés sont le fruit d’une longue recherche et de plusieurs tests en laboratoire. Zorah dispose d’une équipe de biochimistes engagés à temps plein. « On se compare à ce qui se fait de mieux sur le marché. » Un exemple? Après 6 ans d’études, Zorah a créé un mascara bio à partir de la transformation l’huile de ricin. « Ça nous a couté cher en recherche et développement, mais ce produit ne cesse de remporter des prix depuis sa mise en marché! »

Zorah mise sur un marketing solide. Son image de marque rivalise avec les grands noms de la beauté. Les cosmétiques Zorah s’affichent dans les magazines féminins comme produits chouchous des fashionistas, aux côtés des items L’Oréal ou Lancôme. « Le marketing, c’est vraiment notre force! Par exemple, pour développer nos produits, nous nous fions à la participation de nos clients sur les réseaux sociaux. Ce sont eux qui nous disent les produits qu’il souhaitent avoir. »

Certifications ou non?

Dès les débuts, il était important pour Mélissa que les produits portent un sceau pour leur particularité biologique. « Le processus de certification Ecocert et Québec vrai a été très long. Les inspecteurs analysent tout, tout, tout! Du produit nettoyant de notre plancher à la quantité d’eau gaspillée, les contenants et bien entendu, les ingrédients. (95% des ingrédients doivent être certifiés biologiques pour obtenir la certification) Mais c’est sécurisant pour le consommateur de voir ces certifications. Mais nous n’avons pas fait des produits équitables et écologiques seulement pour séduire les consommateurs : nous ne pouvions faire autrement, ce sont nos valeurs! »

La responsabilité sociale de l’entreprise se définit autant auprès des fournisseurs des matières premières, des coopératives pour la plupart, qu’auprès des employés à Montréal avec lesquels l’entreprise prône une gestion participative.

« Le bioéquitable et la responsabilité sociale corporative sont de puissants outils de différentiation, surtout sur les marchés plus traditionnels où les règles du jeu n’ont pas beaucoup changé dans les dernières années.», de commenter Bruno Gariépy, conseiller en Gestion de croissance des entreprises au SAJE. « Si l’on se fit aux études de l’observatoire sur la consommation responsable, ce type d’achat représente une tendance lourde pour une catégorie bien précise de consommateur, ce qui facilite le positionnement pour l’entreprise désireuse de s’engager dans cette voie

La vie en (presque toujours) rose

Le parcours de l’entrepreneure paraît sans embûches, comme si les astres s’alignaient parfaitement pour faire briller le soleil en tout temps. Détrompez-vous! « Que ce soit par exemple,  couper mon salaire ou celui de mon conjoint pour pallier d’autres besoins, nous avons dû faire beaucoup de sacrifices! Nous voulions tout gérer nous-mêmes de A à Z, mais si c’était à refaire, je prendrais par exemple un distributeur pour rejoindre un maximum de points de vente au lieu de tout faire moi-même, un contact à la fois. Bref, j’ai pris le chemin le plus long! Il ne faut pas hésiter à faire appel à des professionnels.»

 Sept ans après sa mise sur pied, Zorah est la seule entreprise de biocosmétiques en Amérique du Nord à exporter à l’International, soit en Algérie, en Turquie, au Liban et en Russie. Pas moins de 2500 femmes berbères travaillent aujourd’hui pour Zorah au Maroc. On comprend pourquoi Mélissa a les yeux qui brillent à parler de Zorah et de ses projets futurs, notamment, s’établir aux États-Unis, et y fabriquer les produits directement, pour continuer de vendre un produit fait localement.

Au Québec, Zorah souhaite poursuivre sa mission sociale de former la population québécoise sur les effets des produits chimiques sur la peau. « Nous le faisons déjà et allons continuer à le faire : sensibilier les femmes pour bien lire les étiquettes des produits, pas seulement les nôtres, et ainsi faire les bons choix. »

Vraiment, Mélissa Harvey représente une nouvelle génération d’entrepreneurs engagés qui, avec patience et convictions, misent sur la qualité et la responsabilité sociale. Et…ça marche!

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