C’était il y a 12 ans. Catherine Métivier et Anne-Marie Laflamme, comme plusieurs de leurs camarades du programme de design de mode au collège Marie-Victorin, rêvaient de lancer leur propre marque de vêtements. Aujourd’hui, elles nous accueillent dans leur atelier-boutique branché du Mile-End.

C’est dans le sous-sol de leur appartement de Verdun que les deux colocs ont confectionné les premiers prototypes de ces vêtements avec des matières écologiques et un style épuré qui distingue atelier b. « On s’est vite rendues compte que ces prototypes suscitaient beaucoup d’intérêt dans notre entourage. On a commencé à les prendre en photos, à alimenter un blogue», d’expliquer Catherine.

À ce moment-là, les deux meilleures amies n’avaient pas trop conscience qu’elles étaient en train de se lancer en affaires jusqu’à ce que quelques chroniqueurs mode et des boutiques les approchent. « On prétendait être une vraie marque, mais nous n’avions pas grand-chose à vendre », de rigoler Anne-Marie. Elles ont vite compris qu’il y avait une niche pour les vêtements équitables et fabriqués localement. Aujourd’hui atelier b. distribue ses vêtements en ligne et auprès de plus de trente points de vente au Canada et aux États-Unis.

Alors étudiantes en gestion de la mode à l’UQAM, elles en profitent pour travailler leur plan d’affaires dans le cadre de leurs études. « Notre développement de produits était déjà entamé, mais nous avions besoin d’aide dès le début, surtout pour nos finances. » Elles viendront, peu après, cogner à la porte du SAJE.

Anne-Marie et Catherine sont les amies inséparables qui ont fondé atelier b en 2009.

Le marathon du démarrage

« Sans vouloir faire peur aux nouveaux entrepreneurs, les premières années de démarrage ont été très difficiles physiquement et mentalement. Pendant 4 ans, on a travaillé sans répit, de confier Catherine. Une fois qu’on a pu ralentir, on s’est rendu compte qu’on était en effet très essoufflées, presqu’au bord de l’épuisement.»

Aujourd’hui, alors que l’entreprise a atteint le seuil de rentabilité, les jeunes femmes ont pu prendre quelques pas de recul pour réfléchir et devenir plus efficaces dans leur gestion. Cette efficacité s’est manifestée notamment par le fait qu’elles n’engagent et ne collaborent qu’avec des gens d’expérience, les meilleurs dans leur domaine, ce qu’elles n’osaient faire avant sous prétexte de manque de moyens. « Cela nous a nui, en effet. Maintenant, nos collaborateurs comme nos couturiers et notre designer graphique, par exemples, sont des gens d’expérience. Ainsi, on peut déléguer certaines tâches en toute confiance. Et puis, chacun des sous-traitants, fournisseurs ou autres collaborateurs nous transfèrent également leur expérience. Nous apprenons beaucoup grâce à eux. »

Croître : lentement mais surement

Entre 2011-2013, une énorme vague de croissance chamboule l’entreprise : les ventes en gros augmentent, tout comme les points de vente, puis vient l’ouverture de l’atelier. Nos rencontres avec le service Gestion de croissance du SAJE ont été déterminantes à ce moment-là. « André Menand, notre conseiller, c’est presque comme Dieu pour nous! » de déclarer Anne-Marie, à la blague.

Les deux jeunes femmes ont développé une relation de confiance avec leur conseiller, qui a eu la chance de les rencontrer dès les balbutiements du projet. « Quand on lui fait part de nos nouveaux projets, André nous avise des risques et nous confronte même à nous faire douter de ces choix. Cela nous pousse à travailler encore plus fort pour le convaincre, recherches et chiffres à l’appui. Une fois qu’on a son aval, on fonce avec plus de confiance », de renchérir les deux jeunes femmes.

André Menand, Directeur et conseiller senior, services Gestion de croissance au SAJE

« Avec ces deux entrepreneures très intuitives et structurées, je suis intervenu avec l’angle principal de considérer les opportunités de croissance selon une perspective stratégique et non selon l’attrait à court terme que ces occasions représentaient pour elles. Je leur ai demandé : Est-ce que cette opportunité vous permet de mieux concrétiser votre vision ou de l’atteindre plus vite? Est-ce qu’elle vous détourne des priorités stratégiques de votre plan de croissance en dispersant votre temps et vos ressources ?  Voilà le type de belles discussions que nous avons eu ensemble. »

Se doter d’un espace avec pignon sur rue était un grand saut, un investissement majeur. Mais, l’atelier ne sert pas que de vitrine et lieu d’achat pour les collections. Il sert de lieu de rassemblement et de promotions d’artistes et événements qui viennent agrémenter l’expérience client d’atelier b. « Il est faux de croire que parce que tu ouvres ton propre point de vente, tes grossistes vendent moins. Au contraire, tu n’es que plus visible et plus éloquent », commente Catherine.

La clientèle d’atelier b est une clientèle sensibilisée aux enjeux éthiques de la mode. « Nous misons sur des relations très personnalisées avec nos clients. Ceux qui viennent en boutique nous connaissent par nos prénoms et s’avèrent assez fidèles. Ils aiment être en contact avec le lieu et les artisans qui sont derrière le produit. »

Et maintenant ?

Atelier b va s’attaquer à augmenter ses ventes en ligne et développer des marchés dans d’autres villes. «On fait du slow design, on prend de l’expansion tranquillement mais de façon saine.  Cela vient aussi du fait que l’on s’est reconnectées avec la raison principale qui nous a poussé à être en affaires : avoir le travail de nos rêves. Être entrepreneure, ça peut devenir un cadeau empoisonné si l’on prend toutes les décisions en fonction du succès de l’entreprise. Maintenant, nous avons décidé de faire des choix en fonction de nous, c’est-à-dire concilier notre vie personnelle (et de maman pour l’une d’entre elles) avec notre vie d’entrepreneure

Un conseil pour ceux et celles qui démarrent en affaires ?

« Ne jamais s’asseoir sur son succès et se réinventer. »

C’est dans cet esprit qu’atelier b vient de révéler une toute nouvelle identité visuelle. Suivez-les sur Facebook et voyez leurs collections de vêtements éthiques faits au Québec, en ligne.

 

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