En 30 ans de services, le SAJE en a suivi des entrepreneurs ! Lors de l’une des conférences Failcamp à laquelle nous assistions l’an dernier, Mitsou mentionnait le SAJE comme organisme l’ayant aidé à démarrer en affaires avec son conjoint Iohann Martin, il y a plusieurs années. Une surprise pour nous! Nous avions hâte de les rencontrer pour entendre cette histoire…

Mitsou, Iohann , vous êtes maintenant à la tête du groupe DAZMO qui compte 110 employés. Quels sont vos souvenirs de votre passage au SAJE?

Mitsou  et les employées du SAJE rencontrées lors du Failcamp.

IOHANN : Ouff…Ça fait longtemps! (rires) Mais on se rappelle encore de deux conseillers du SAJE avec lesquels on s’est assis pendant des heures à élaborer notre plan d’affaires pour mettre sur pied DAZMO, notre entreprise de réalisation de bandes sonores pour la télévision et le cinéma. À la base, on n’avait pas trop envie de faire ce genre de travail détaillé sur notre modèle d’affaires, mais c’était crucial pour obtenir du financement. Les conseillers étaient durs avec nous, ils nous confrontaient sans cesse.

MITSOU : Il fallait vraiment les convaincre de notre projet, mais ils nous ont aussi tellement encouragés. On se rappelle encore de cette phrase d’un des conseillers qui nous faisait bien rire : « Avec ce projet, vous deux, vous allez défoncer les portes! ».

IOHANN : Au final, cet exercice de rédaction de plan d’affaires nous a donné encore plus de carburant pour visualiser notre projet et pour le concrétiser.

Qu’est-ce qui vous prédisposait à vous lancer en affaires?

MITSOU : J’étais dans un creux professionnel, après mon succès comme chanteuse. Je venais tout juste de rencontrer Iohann, musicien, et on avait envie de créer de la musique ensemble. Le projet est né 6 mois après le début de notre relation.

IOHANN : Le Groupe DAZMO s’est constitué suite à une opportunité alors que je travaillais dans le domaine de la production de publicité chez Cinélande . On a eu une demande pour créer de la musique pour une publicité, puis d’autres petits contrats à gauche à droite. On n’avait pas de nom d’entreprise, la table de cuisine servait de bureau. Mon patron de l’époque, André  Viau, m’a vraiment encouragé à me lancer, en m’assurant que si j’échouais, je pouvais revenir! Ça a été un bon coup de pouce pour faire le saut!

Le premier local de DAZMO…en préparation!

Votre avantage concurrentiel, c’est quoi?

Le secteur de la musique pour images est ultra-contingenté. Je pense qu’on se démarque par notre réputation. Et je ne parle pas du fait que Mitsou est connue; on n’a jamais misé là-dessus. On mise sur notre éthique de travail et sur nos compétences. On a bâti des relations de confiance avec nos clients.

Les débuts de l’entreprise, ça se passait comment?

IOHANN : La bourse de 6 000$ qu’on a obtenue, on l’a tout de suite investie dans une mise de fond pour un prêt à la banque qui a vite été remboursé. Déjà après 6 mois, on a pu se verser de petits salaires. DAZMO continuait d’évoluer, mais on avait quand même des craintes en raison de l’instabilité dans le secteur. Finalement, on a obtenu un contrat pour une série de Fabienne Larouche. Une belle aventure, ça nous a mis sur la « map »! Un peu plus tôt , une idée de projet est survenue. En comparant avec ce qui existait dans d’autres grandes villes dans le domaine du cinéma, nous avons flairé une opportunité. En 2000, avec un troisième associé, Andrew Lapierre,  on a fondé Vidéo Assist, puis Video M.T.L . une firme de location d’équipement audiovisuel qui a été pionnière dans l’industrie de la HD au Québec.

Quelles sont vos forces et faiblesses par rapport à vos tâches respectives dans l’entreprise?

MITSOU : On est deux musiciens, donc on est assez créatifs. Je m’occupais de la coordination des productions et du marketing mais je détestais faire de la comptabilité et de l’administration. Je l’ai fait dans les débuts par obligation et j’ai réussi parce que je suis méthodique et à mon affaire! Je suis aussi une fille de ressources humaines . J’adore faire du recrutement; nos employés sont notre fierté.

IOHANN : J’ai sans doute une capacité d’attention très courte! (rires) Parfois, je manque de longévité dans mes idées, mais je pense que je suis bon dans le relationnel. J’aime sincèrement les gens. Le rapport avec la personne dans ce domaine est vital. Oui, on a fait des « pitchs», mais à la base ce sont surtout des contacts, des commandes qui viennent à nous. D’ailleurs, je ne suis pas un vendeur né; je suis plutôt un passionné.

« En effet, on enseigne au SAJE que les relations de ventes sont à la base des relations humaines »,  de commenter Martin Depelteau, conseiller- formateur en Vente-conseil Elles exigent un « savoir-être » qui s’apprend… avec un minimum de persévérance. Dans mes classes, je questionne mes entrepreneurs au sujet du meilleur outil dont dispose un vendeur. La réponse peut paraître surprenante : ses deux oreilles! Le principal outil du vendeur reste l’écoute active. Orienter son discours en posant des questions, se montrer intéressé plutôt qu’intéressant. »

Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs en devenir?

MITSOU : Les entrepreneurs sont souvent des gens hyper créatifs. Mais, ils ne peuvent pas négliger les aspects de bureaucratie et de gestion. Un peu comme le plan d’affaires : le SAJE nous a forcés à le faire, même si c’est long . (rires)

IOHANN : Tu as beau avoir une belle idée sur la table, si elle nécessite beaucoup d’investissement (ce qui fût le cas pour nos deux autres entreprises qui nécessitaient de l’équipement coûteux) , tu n’auras pas le choix de prendre du temps pour élaborer un modèle d’affaires solide. Ce n’est pas une job relax, être entrepreneur. Il ne faut jamais s’asseoir sur ses lauriers.

On se demandait aussi…

Démarrer une entreprise en couple, est-ce une « bonne affaire »?

IOHANN: Mitsou a sans doute été ma première blonde qui travaillait autant que moi! (rires) C’est certain que, si tu as des pressions financières et que tu amènes tes problèmes à la maison, ça peut devenir l’enfer. Mais de notre côté, on a eu plus de bon que de mauvais. Il faut choisir quelqu’un de compatible qui peut résister avec toi aux crises. On doit aussi anticiper les moments de rush et déléguer. Ce n’est pas ma force, je suis un peu control freak. (rires) Et puis, nos discussions sur nos projets d’affaires vont au-delà des problèmes logistiques ou cartésiens. Ensemble, on rêve, on créer.

MITSOU : Pour moi, ce n’est que du positif. Entre nous deux, se dévouer au travail en y passant beaucoup d’heures n’était pas un problème. Par contre, nous sommes conscients que nos enfants n’ont pas choisi des parents avec un horaire chargé et erratique. C’est une structure plus difficile pour la famille, un danger. Il faut arriver à être présent physiquement et mentalement. On dit qu’un couple fonctionne avec des projets de vie. Nous, notre vie, c’est entre autre notre business. Je dirais qu’il ne faut pas s’empêcher de l’essayer!

 

 

 

Vous trouvez que cet article est pertinent? N'hésitez pas à en faire bénéficier votre entourage en le partageant sur les médias sociaux!

One Response to “Un couple d’entrepreneurs investis : Mitsou et Iohann à la tête de DAZMO”

  1. Diane Deschênes-Letellier Says:

    C’est très intéressant de savoir comment vous avez débuté. Je trouve que vous faites toujours un beau couple, et ce malgré le temps. Je pense qu’il y a entre vous deux un respect personnel de chacun de vous ce qui fait votre force. Et vous êtes aussi tous les deux très heureux de votre petite famille et fiers d’eux. C’est bon de voir des couples qui réussissent bien dans des domaines publics et qui en plus, sont unis dans la vie et qui résistent dans leur amour au temps. Je vous souhaite de toujours être heureux ensemble dans les objectifs que vous visez.

Publier un commentaire