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Quatre (4) entrepreneurs racontent leur campagne

Ils sont de nouveaux entrepreneurs formés au SAJE et ont choisi de faire appel au sociofinancement pour lancer un produit ou une compagnie. Généreux de leur temps et de leur vécu, ils vous partagent leurs bons et …moins bons coups.

D’abord, faisons les présentations…

Simon Girard, est l’un des co-fondateurs (avec Christopher Chancey et François Lalumière) du studio de jeux vidéo Manavoid. Avec ses deux collègues, il lance une campagne pour développer un jeu vidéo. Somme visée et amassée : 40 000$

Élyse Leclerc

Gabrielle Falardeau

Gabrielle Falardeau et Élyse Leclerc, co-fondatrices de l’entreprise Jarre. Formation SAJE en poche, elles cherchent des fonds pour démarrer la production de leur produit : des unités novatrices pour conserver les fruits et légumes. Elle vise 15 000$ et amassent finalement 27 000$.

 

Marc Grabulosa

Marc Grabulosa, avec son associé Brendon Storm  a créé sa marque de vêtements Marc de Storm.  Souhaitant démarrer la production, il se lance dans une campagne qui lui rapporte 7 000$.

David Paquet

David Paquet de la firme de contenu Adviz a levé du financement pour la production de bandes dessinées. Deux campagnes furent menées et ont rapporté respectivement 8 000$, puis 25 000$.

Comment et pendant combien de temps vous êtes-vous préparer avant le lancement de votre campagne?

Simon : On a mis 6 mois de préparation, surtout parce qu’on partait de rien. On n’avait pas d’entreprise, pas de produit. On a pas mal tout fait nous-mêmes, on avait le temps! Par contre, une excellente façon de se préparer a été d’analyser d’autres campagnes. On a repassé en revue près de 200 campagnes. Quels étaient les facteurs clés de leur réussite ou échec? Ça nous a aidés à faire ensuite nos choix.

Gabrielle : 6 mois : wow! Dans notre cas, c’était un peu plus dernière minute (rires)… On a pris un mois et demi environ de préparation avant la campagne. Je pense qu’on avait peut-être sous-estimé la charge de travail. En même temps, on a découvert que notre produit suscitait beaucoup plus d’intérêt auprès des européens, ventes à l’appui! Donc, c’est un nouveau marché qui s’est ouvert à nous grâce notamment à la plateforme choisie qui avait un rayonnement international.

David : La première campagne de crowdfunding a été un peu cowboy! La deuxième a bénéficié de l’expérience de la première et s’est avérée plus fructueuse.

Marc : On a amassé 7 000$, ce qui n’est pas énorme, mais c’était le fonds de roulement dont nous avions besoins pour notre production.

Quel est l’aspect de votre campagne qui vous a donné le plus de fil à retordre?

Marc : Si c’était à faire, je ferais peut-être un plan de marketing. Il y a un engouement au début de la campagne, mais ça a vite tombé. Le défi, c’est de maintenir l’intérêt des contributeurs. Mais, il faut le planifier car le temps de constater, élaborer une offensive de marketing et vous arrivez à la fin de votre campagne en ayant perdu un temps précieux.

Élyse : Un élément clé, c’est de savoir se créer une communauté. Pas seulement la famille et les amis! Donc le plan de communication a été notre grand défi. On s’est fait approcher par des agences de communication qui voulaient prendre notre plan marketing en charge. On a fait affaires avec deux d’entre elles. On s’entendait pour leur donner sur un certain pourcentage de nos profits. Une nous a rapporté beaucoup et l’autre, trop peu. Il faut être sélectif, parce que ce sont des dépenses.

Simon : Dans notre cas, les relations de communication et notre plan de visibilité serré et touffu nous ont bien servi! On avait une liste de presse garnie. On envoyait des courriels chaque semaine avec des kits de presse différents.  On a eu 27 articles, une entrevue télé! Par contre, je pense que nous aurions eu avantage à avoir un produit plus fini, un jeu prêt à tester et avec lequel on aurait amélioré notre présentation visuelle et susciter plus d’intérêt donc plus d’investissements.

David : J’abonde en ce sens. En comparant avec d’autres campagnes similaires et auprès de nos clients entrepreneurs qui ont menés des campagnes, je pense qu’un produit prêt et fini se serait vendu plus facilement et rapidement. Les contributeurs veulent, par exemple, donner une « BD » en cadeau, l’envoyer avant tel mois ou l’avoir en main rapidement. Certaines plateformes exigent même un produit fini.

Simon : À bien y penser… Oui, il y a le produit mais…il faut plutôt insister sur le fait que nous ne vendons pas juste un produit. Les contributeurs peuvent aussi développer un  sentiment d’appartenance à une communauté. Développer le sentiment de prendre part à quelque chose et d’aider à la naissance d’une entreprise. Je pense que ça peut compenser.

 

La question cruciale au bout du compte c’est : Est-ce que, en considérant les efforts et ressources investies, votre campagne en a valu la « peine »?

Gabrielle : En effet, on a sans doute dépensé trop d’argent et beaucoup de notre temps. On n’avait pas conscience que le mois de campagne est exigeant. Gérer la campagne, la faire vivre, répondre aux commentaires, faire des mises à jour est un travail de presque 24h sur 24. Mais dans notre cas, ces efforts et cette fatigue ont été récompensés. La campagne a servi de levier pour conquérir un marché européen et nous a aussi permis de nous créer une signature graphique, une renommée.

Élyse : C’était énormément de travail. Par chance, nous avons engagé quelqu’un pour nous aider pendant un mois. Oui, notre campagne nous a fait débourser, mais nous avons récolté 10 000$ de plus que notre objectif de base! Notre produit est « sold-out »!

Marc : L’argent n’a pas été si abondant, mais j’y vois d’autres bénéficies. Vendre notre produit durant la campagne nous a forcés à organiser notre production, mais aussi à tester notre produit et la réponse des consommateurs. J’ai reçu des questions cruciales sur mon produit, des questions auxquelles je n’avais jamais réfléchi.

David : C’est vrai que 0$ / heure pour les centaines, voire milliers d’heures investies de mon temps… humm… je me pose la question de la rentabilité. Je le vois comme un investissement à long terme. On a créé un buzz qui nous a fait connaître.

Simon : Le sociofinancement nous a permis de mettre sur pied notre entreprise. Cela nous a permis d’avoir du capital et de démarrer sans prêt pour ne pas s’endetter. Je n’en retire que du bon!

 

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