Un article écrit par notre partenaire la Banque Nationale

Les entreprises le savent : aujourd’hui, si elles n’innovent pas, elles risquent de mettre en danger leur pérennité. Mais les grands groupes ne sont pas toujours des milieux propices à la créativité. Conscientes de ce défi, les grandes entreprises sont nombreuses à nouer des partenariats avec des start-up pour bénéficier de leurs innovations.

Près de 250 employés; 175 ans d’existence. Le Port de Montréal n’est pas à proprement parler une start-up… Et pourtant, soucieux d’améliorer ses performances, il s’est doté d’un responsable de l’innovation et travaille activement pour devenir un port intelligent. Agilité organisationnelle, véhicules autoguidés, économie circulaire, transmission de données en temps réel tant aux camionneurs qu’aux bateaux. Le Port a des projets à la pelle. Mais il a aussi des défis. « D’une part, on n’a pas l’expertise en interne pour développer ces solutions, avance Daniel Olivier, directeur veille stratégique et innovation de l’Administration portuaire de Montréal, une organisation du gouvernement fédéral. D’autre part, nous sommes une société établie depuis plus de 100 ans… »

Il n’a pas fallu longtemps à Daniel Olivier pour se tourner vers les start-ups, « jeunes, créatives et agiles », pour trouver sa solution à l’innovation. Le Port de Montréal a alors participé à InnoBahn, un événement visant à faire se rencontrer des grandes entreprises et des start-up. Cette expérience l’a mené à travailler avec Element AI. La petite entreprise spécialisée en intelligence artificielle planche sur un projet pilote pour aider le Port à gérer le flux des camions. En analysant les données du Port, elle cherche à mettre au point des modèles prédictifs afin d’indiquer aux camionneurs les heures les plus achalandées au Port dans les jours à venir afin de réduire l’attente et la congestion.

Trop grand pour être suffisamment créatif

Le défi auquel est confronté le Port sur le plan de l’innovation est très fréquent dans le monde des grandes entreprises. « Avec le temps, elles se concentrent sur les processus d’affaires et elles perdent l’esprit cowboy caractéristique des start-ups et propice à la création. Cela limite leur capacité à prendre des risques, et donc à innover.

Dans ce contexte, les start-up leur apportent de nombreux avantages : elles nourrissent les entrepreneurs en idées et elles peuvent développer un produit pour la grande entreprise », constate Jean-François Ouellet, professeur agrégé au département de l’entrepreneuriat et de l’innovation à HEC Montréal.

Même les entreprises qui font de l’innovation un thème majeur en interne voient un intérêt à travailler avec les start-up. Telus Santé a adopté des méthodes agiles pour développer des produits innovants dans le milieu de la santé, comme le Dossier médical électronique mobile ou l’Espace pharma, qui permettent aux patients de renouveler leurs ordonnances en ligne, vérifier les interactions entre différents médicaments, etc. Rapidité de la création, morcellement des projets pour recueillir les observations des usagers régulièrement afin d’adapter le produit au fur et à mesure aux besoins, Telus Santé suit les principes de l’agilité.

Néanmoins, l’entreprise qui compte 1700 employés au Canada, dont 600 se consacrent à la recherche et développement, fait appel à des start-up. « On considère qu’on ne peut pas être seuls dans le domaine de l’innovation et qu’il faut faire participer d’autres joueurs. La collaboration avec des start-up permet notamment d’accélérer la mise en marché d’une nouvelle solution, d’accéder plus rapidement à de nouveaux marchés et de partager le risque », explique Paul Lepage, président de Telus Santé, qui compte une cinquantaine de partenariats.

Grandes entreprises et start-up : deux mondes

Les deux parties y trouvent leur compte. « Nos clients sont des entreprises établies qui ont un défi de transformation numérique. Les start-up, elles, ont besoin de financement, de trouver un modèle d’affaires et des débouchés. Elles peuvent donc découvrir de nouvelles applications par le biais de collaborations avec de grandes entreprises », observe André Bélanger, président d’Hyperliens, une société qui fait le pont entre les grandes entreprises en quête d’innovation et les start-up.

Les partenariats prennent différentes formes et, s’ils sont riches et souvent couronnés de succès, ils présentent également de nombreux défis tant les deux mondes sont différents. « Faire travailler des start-up et des équipes habituées à la gestion classique des projets, entraîne un risque d’échec », met en garde André Bélanger.

Daniel Olivier, du Port de Montréal, reconnaît que, pour dépasser les différences, il est important « d’avoir une vraie connexion intellectuelle entre les deux parties, que la start-up soit vraiment motivée et la présence d’une tierce partie qui fait le pont entre les deux est d’une grande aide ». Il a aussi mis en place un comité en interne « constitué de personnes ouvertes au changement » pour interagir avec l’équipe de la start-up.

Autres ingrédients nécessaires pour le succès : « Que la grande entreprise n’étouffe pas la petite, souligne Jean-François Ouellet, et qu’entre les deux parties, la confiance, l’engagement et les bonnes relations soient de mise. »

Dans ce cas, la collaboration ouvre la voie à l’adoption par des grandes entreprises de solutions innovantes. Une belle visibilité pour les start-up en recherche de crédibilité et de nouveaux marchés. « C’est gagnant-gagnant », s’exclame Paul Lepage.

Cet article a été produit par le Camp BN, un événement hors des sentiers battus pour les leaders d’affaires qui souhaitent entreprendre autrement et se réinventer.

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