C’était il y a 12 ans. Catherine Métivier et Anne-Marie Laflamme, comme plusieurs de leurs camarades du programme de design de mode au collège Marie-Victorin, rêvaient de lancer leur propre marque de vêtements. Aujourd’hui, elles nous accueillent dans leur atelier-boutique branché du Mile-End.

C’est dans le sous-sol de leur appartement de Verdun que les deux colocs ont confectionné les premiers prototypes de ces vêtements avec des matières écologiques et un style épuré qui distingue atelier b. « On s’est vite rendues compte que ces prototypes suscitaient beaucoup d’intérêt dans notre entourage. On a commencé à les prendre en photos, à alimenter un blogue», d’expliquer Catherine.

À ce moment-là, les deux meilleures amies n’avaient pas trop conscience qu’elles étaient en train de se lancer en affaires jusqu’à ce que quelques chroniqueurs mode et des boutiques les approchent. « On prétendait être une vraie marque, mais nous n’avions pas grand-chose à vendre », de rigoler Anne-Marie. Elles ont vite compris qu’il y avait une niche pour les vêtements équitables et fabriqués localement. Aujourd’hui atelier b. distribue ses vêtements en ligne et auprès de plus de trente points de vente au Canada et aux États-Unis.

Alors étudiantes en gestion de la mode à l’UQAM, elles en profitent pour travailler leur plan d’affaires dans le cadre de leurs études. « Notre développement de produits était déjà entamé, mais nous avions besoin d’aide dès le début, surtout pour nos finances. » Elles viendront, peu après, cogner à la porte du SAJE.

Anne-Marie et Catherine sont les amies inséparables qui ont fondé atelier b en 2009.

Le marathon du démarrage

« Sans vouloir faire peur aux nouveaux entrepreneurs, les premières années de démarrage ont été très difficiles physiquement et mentalement. Pendant 4 ans, on a travaillé sans répit, de confier Catherine. Une fois qu’on a pu ralentir, on s’est rendu compte qu’on était en effet très essoufflées, presqu’au bord de l’épuisement.»

Aujourd’hui, alors que l’entreprise a atteint le seuil de rentabilité, les jeunes femmes ont pu prendre quelques pas de recul pour réfléchir et devenir plus efficaces dans leur gestion. Cette efficacité s’est manifestée notamment par le fait qu’elles n’engagent et ne collaborent qu’avec des gens d’expérience, les meilleurs dans leur domaine, ce qu’elles n’osaient faire avant sous prétexte de manque de moyens. « Cela nous a nui, en effet. Maintenant, nos collaborateurs comme nos couturiers et notre designer graphique, par exemples, sont des gens d’expérience. Ainsi, on peut déléguer certaines tâches en toute confiance. Et puis, chacun des sous-traitants, fournisseurs ou autres collaborateurs nous transfèrent également leur expérience. Nous apprenons beaucoup grâce à eux. »

Croître : lentement mais surement

Entre 2011-2013, une énorme vague de croissance chamboule l’entreprise : les ventes en gros augmentent, tout comme les points de vente, puis vient l’ouverture de l’atelier. Nos rencontres avec le service Gestion de croissance du SAJE ont été déterminantes à ce moment-là. « André Menand, notre conseiller, c’est presque comme Dieu pour nous! » de déclarer Anne-Marie, à la blague.

Les deux jeunes femmes ont développé une relation de confiance avec leur conseiller, qui a eu la chance de les rencontrer dès les balbutiements du projet. « Quand on lui fait part de nos nouveaux projets, André nous avise des risques et nous confronte même à nous faire douter de ces choix. Cela nous pousse à travailler encore plus fort pour le convaincre, recherches et chiffres à l’appui. Une fois qu’on a son aval, on fonce avec plus de confiance », de renchérir les deux jeunes femmes.

André Menand, Directeur et conseiller senior, services Gestion de croissance au SAJE

« Avec ces deux entrepreneures très intuitives et structurées, je suis intervenu avec l’angle principal de considérer les opportunités de croissance selon une perspective stratégique et non selon l’attrait à court terme que ces occasions représentaient pour elles. Je leur ai demandé : Est-ce que cette opportunité vous permet de mieux concrétiser votre vision ou de l’atteindre plus vite? Est-ce qu’elle vous détourne des priorités stratégiques de votre plan de croissance en dispersant votre temps et vos ressources ?  Voilà le type de belles discussions que nous avons eu ensemble. »

Se doter d’un espace avec pignon sur rue était un grand saut, un investissement majeur. Mais, l’atelier ne sert pas que de vitrine et lieu d’achat pour les collections. Il sert de lieu de rassemblement et de promotions d’artistes et événements qui viennent agrémenter l’expérience client d’atelier b. « Il est faux de croire que parce que tu ouvres ton propre point de vente, tes grossistes vendent moins. Au contraire, tu n’es que plus visible et plus éloquent », commente Catherine.

La clientèle d’atelier b est une clientèle sensibilisée aux enjeux éthiques de la mode. « Nous misons sur des relations très personnalisées avec nos clients. Ceux qui viennent en boutique nous connaissent par nos prénoms et s’avèrent assez fidèles. Ils aiment être en contact avec le lieu et les artisans qui sont derrière le produit. »

Et maintenant ?

Atelier b va s’attaquer à augmenter ses ventes en ligne et développer des marchés dans d’autres villes. «On fait du slow design, on prend de l’expansion tranquillement mais de façon saine.  Cela vient aussi du fait que l’on s’est reconnectées avec la raison principale qui nous a poussé à être en affaires : avoir le travail de nos rêves. Être entrepreneure, ça peut devenir un cadeau empoisonné si l’on prend toutes les décisions en fonction du succès de l’entreprise. Maintenant, nous avons décidé de faire des choix en fonction de nous, c’est-à-dire concilier notre vie personnelle (et de maman pour l’une d’entre elles) avec notre vie d’entrepreneure

Un conseil pour ceux et celles qui démarrent en affaires ?

« Ne jamais s’asseoir sur son succès et se réinventer. »

C’est dans cet esprit qu’atelier b vient de révéler une toute nouvelle identité visuelle. Suivez-les sur Facebook et voyez leurs collections de vêtements éthiques faits au Québec, en ligne.

 

Les ressources sont au cœur du projet d’affaires. Pour arriver à créer une proposition de valeur intéressante pour le client (votre produit ou service), plusieurs ressources sont évidemment nécessaires. Ces ressources investies génèreront à leur tour du revenu. Il est donc important pour celui qui conçoit son modèle d’affaire d’identifier quels types de ressources participeront à la création de cette valeur.

Les ressources-clés sont les ressources qui s’avèrent les plus importantes, les plus pertinentes à la réussite de votre projet. On les distingue en quatre catégories :

  1. Les ressources physiques

Il s’agit des actifs matériels (ou tangibles) qui serviront à créer votre proposition de valeur.   Ces ressources auront une importance toute particulière pour livrer un produit. De quels équipements avez-vous besoin spécifiquement pour vous distinguer?   Quels outils devront être utilisés? Quelle seront les matières premières utilisées et transformées, ou vendues directement?

Par exemple, si vous vous lancer dans l’industrie du vêtement, les ressources physiques seraient notamment : les machines à coudre et les différents tissus et fils qui seraient transformés en produit fini. Dans cet exemple, mon entreprise produirait des vêtements.

Un autre exemple pourrait être celui d’une boutique dans le même secteur (vêtements). Ici, les stocks de produits finis seront sans doute identifiés comme des ressources clés. Bien sûr, cet exemple illustre une réalité qui soit propre aux entreprises œuvrant dans le domaine manufacturier ou du commence au détail. Il est tout de même important pour l’entreprise de services d’identifier si des ressources matérielles seront nécessaires à la réalisation de ses activités, notamment en ce qui a trait au matériel informatique.

  1. Les ressources intellectuelles ou informationnelles

Vous le devinez : il s’agit de vos actifs intangibles, immatériels.   Que ce soit la maîtrise d’un sujet pour lequel vous êtes expert ou la maîtrise d’un processus qui vous permet de mettre en vente des produits uniques, vos connaissances sont définitivement un atout à considérer et à valoriser.   Les ressources intellectuelles vont également inclure d’autres actifs importants tels que:

  • un brevet;
  • votre réseau (clients, partenaires, les meilleurs fournisseurs);
  • votre réputation (ou image de marque).

Certaines entreprises intègreront aussi des bases de données importantes ou des logiciels, lesquelles agiront comme des ressources clés.

On peut penser à des entreprises œuvrant dans le domaine pharmaceutique où l’importance des brevets est notable. Pour les entreprises qui développent des applications Web, il s’agira plutôt de plateformes informationnelles. Bref, il est possible que des éléments de nature informationnelle soient à considérer dans l’élaboration de votre modèle d’affaires.

  1. Les ressources humaines

Comme entrepreneurs, vous avez à porter plusieurs chapeaux. Malheureusement, il est impossible de tout savoir et le jour viendra peut-être où il vous faudra vous entourer afin de répondre avec efficacité et efficience à la demande. Dans la conception de votre modèle d’affaires, il est important de bien saisir ce que seront vos besoins en matière d’expertise. La création de valeur pour vos clients passe aujourd’hui de plus en plus par la compétence de votre équipe. Aussi, la complémentarité avec entre les membres de votre équipe (et vous également!) sera définitivement une force pouvant rendre votre entreprise plus solide.

Une des questions à se poser serait: est-il essentiel d’investir dans une main-d’œuvre hautement spécialisée, ou bien est-il plus avantageux de recruter du personnel avec moins d’expertise technique que vous pourrez former?

4. Les ressources financières

On ne peut évidemment pas contourner la fameuse question des finances.   Comment allez-vous financer le démarrage du projet et sa croissance?   Aurez-vous toujours les fonds nécessaires en banque pour faire face à vos obligations financières?   Il faudra porter une attention particulière aux flux de trésorerie (entrées et sorties d’argent) :   un délai est à prévoir entre vos dépenses et l’encaissement de vos revenus.   Dans certains domaines, ces délais peuvent être particulièrement longs (comme en design de mode).

On sait que l’allocation des ressources financières est un enjeu de taille pour tout entrepreneur qui se lance en affaires. Il importe donc d’avoir une longue et mûre réflexion sur le sujet.

Notez que SAJE accompagnateur d’entrepreneurs propose un atelier sur le financement.

En résumé, parler de ressources clés, c’est entamer la réflexion autour de plusieurs enjeux importants pour l’entrepreneur (comme le recrutement ou la gestion des risques).

Rappelons-nous que la force d’un projet d’affaires réside en la cohérence liant ses composantes. L’exercice du Business Model Canvas est donc pertinent pour l’illustrer de façon simple et concrète pour ainsi voir son projet dans sa globalité. Il n’est donc pas à utiliser avec modération : plus il sera utilisé, plus nombreuses seront les hypothèses entourant votre modèle d’affaire et donc plus grandes seront les chances que votre réflexion vous ait amené vers la meilleure.

Bonne réflexion!

Cet article a été co-écrit par :

Bruno Vaillancourt, Agent d’information à l’acceuil au SAJE

Louis-Pierre Charest, Conseiller formateur en démarrage d’entreprise au SAJE

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article s’inscrit dans la lignée de notre dossier portant sur le « Business Model Canvas », dans lequel nous avons abordé :

Entretien avec un expert de la croissance en entreprise, André Menand, Directeur du service Gestion-croissance au SAJE.

André, dites-moi, comment les entrepreneurs que vous rencontrez voient la croissance de leur entreprise?

Au cours de mes nombreuses rencontres de coaching avec des entrepreneurs, ces derniers évoquent souvent la thématique de la croissance avec des points de vue assez tranchés mais variés : « Sky is the limit« , « Je ne veux pas croître plus, je veux du temps pour vivre.», « Je veux être leader dans mon domaine dans 3 ans ». Ma réaction a toujours été la même : que tu veuilles faire 100 000 $ de ventes ou 1 milliard, je n’ai pas de problème avec ça. Tout est question de cohérence et de moyens à déployer. Il n’existe pas une manière unique de croître; tout part de la vision. C’est pour cela que les conseillers-formateurs de l’équipe gestion de croissance du SAJE commencent toujours par questionner les entrepreneurs sur leur vision personnelle (ce qu’ils veulent accomplir) et leur vision pour leur entreprise (comment ils voient leur entreprise à moyen terme). En sachant cela, il nous est beaucoup plus facile de mettre en place un plan de croissance en adéquation avec leurs aspirations.

Donc, vous dites que la croissance peut prendre différents rythmes selon les aspirations du dirigeant. Mais, comment peut-on détecter si cette croissance se fait trop vite ou s’il est souhaitable qu’elle accélère?

Pour nous, il n’y a aucune obligation de réaliser une croissance soutenue en termes de développement des ventes, ce qui est communément considéré comme le signe premier de la croissance. En fait, l’accélération et la croissance rapide génèrent souvent des dangers et des risques pour l’entreprise. Il y a d’ailleurs deux fois plus de mortalité d’entreprises en croissance qu’en démarrage au Québec. C’est tout dire! La manière dont notre équipe considère la croissance est plus basée sur des notions de croissance rentable, soutenable et harmonieuse, en lien avec la vision du promoteur. Par exemple, augmenter de 10 % la profitabilité de l’entreprise sans augmenter les ventes est un objectif de croissance acceptable. Diminuer son temps de travail personnel de 15 % pour avoir une meilleure conciliation travail-famille en est un autre. En fait, à chaque étape de croissance et selon les désirs du promoteur, il est possible de dégager des objectifs de croissance qui seront cohérents et porteurs d’un développement harmonieux de l’entreprise et de son promoteur. C’est à cela que nous travaillons, en équipe, avec les entrepreneurs que nous accompagnons.

Quels outils utilisez-vous pour dresser le « diagnostique » des entreprises rencontrées?

Dans le modèle de développement des PME que nous avons créé, la « Roue de la croissance md‘ », nous distinguons 4 phases de croissance à travers lesquelles passent les entreprises. Ce modèle est basé sur les observations de terrain de nos conseillers lors de leurs rencontres de coaching au cours des 20 dernières années. Il est actuellement enseigné par nos soins dans plusieurs pays à travers le monde. Cette expérience nous a permis de voir que les PME, dans leur grande majorité, passent à travers ces 4 phases et font face à des défis différents pour passer de l’une à l’autre, afin de poursuivre leur croissance. Connaître ces différentes phases, les dangers qui y sont reliés, les stratégies qui fonctionnent pour chaque étape et les compétences à développer pour accompagner son entreprise dans la croissance sont des éléments clés pour connaître une croissance saine.

Si nous regardons plus en détail le modèle, voici un abrégé des 4 phases en question :

  1. VENDRE : une fois l’entreprise démarrée, elle entre dans la phase que nous appelons « Vendre », où l’objectif stratégique est d’atteindre le seuil de rentabilité avec salaire, afin que le promoteur puisse vivre de son entreprise et s’y consacrer à temps plein. Le promoteur s’attachera donc à développer le plus de ventes possibles pour atteindre cet objectif.
  2. Sélectionner : Une fois atteint, on entre dans une seconde phase appelée « Sélectionner » où l’objectif stratégique sera d’établir une structure rentable. L’entrepreneur devra s’attacher à optimiser ses processus et à analyser ses clients et produits/services afin de choisir les plus rentables et récurrents.
  3. MAXIMISER : La phase suivante s’appelle « Maximiser », une phase dont l’objectif stratégique est de finaliser sa recette d’affaires en maximisant les ventes faites auprès du marché actuel. Le promoteur travaillera plus spécifiquement sur la fidélisation de sa clientèle, le marketing personnalisé et le développement de nouveaux produits ou services en lien avec les besoins analysés auprès de sa clientèle.
  4. SE POSITIONNER : Enfin, la 4ème phase appelée « Positionner » verra l’entreprise rechercher une nouvelle expertise sur un marché différent afin de poursuivre sa croissance. C’est une phase de tests, de développement de nouveaux marchés visant à trouver le prochain levier qui permettra de poursuivre la croissance de l’entreprise.

La vitesse et la manière dont on passe à travers ces 4 phases dépendent en premier lieu de la vision stratégique de l’entreprise et de l’entrepreneur. Bien entendu, ceci est un portrait très rapide et simplifié du modèle de la « Roue de la croissance ». Au cours des formations et des rencontres d’application que nous proposons aux entrepreneurs, nous prenons le temps d’expliquer plus en profondeur le modèle, nous fournissons les outils qui permettront d’adapter le modèle à la situation de chaque entreprise, jetant en cela les bases d’un plan de croissance rentable, soutenable et harmonieux en adéquation avec les aspirations du promoteur. Car nous pensons qu’il est dans l’intérêt de tous que les promoteurs se préparent le plus tôt possible aux défis de croissance qui les attendent.

Le service Gestion Croissance du SAJE offre cette année 4 ateliers pratiques d’un jour pour les entrepreneurs qui souhaitent penser et planifier la croissance de leur entreprise. Un petit investissement qui peut rapporter gros!

Pour plusieurs propriétaires de PME, le Temps des Fêtes est LA période cruciale pour mousser les ventes. Vos clients réguliers achèteront davantage et vous aurez également un premier contact avec de tout nouveaux acheteurs. Comment maximiser l’expérience de ces clients et les fidéliser en cette période achalandée? Voici quelques idées de bonnes pratiques de marketing et de service à la clientèle pour vous démarquer!

Jamais trop tard!

Si le marketing des Fêtes se planifie idéalement des mois à l’avance, il reste que c’est principalement au début décembre que les gens commencent réellement à passer à l’action pour leurs achats de Noël!

Communiquez vos offres!

Envoyez vos offres par courriel ou sur les médias sociaux. Offre promo, concours, produits spéciaux en quantité limitée pour le Temps des Fêtes, affichez-les tous! Mettez des dates limites à vos offres et promotions pour inciter le client à passer à l’action.

Beaucoup de gens ne savent pas quoi acheter à leurs proches…Donnez des idées cadeaux en spécifiant à qui vos produits s’adressent. Par exemple : « Votre mère en raffolera », « Cadeaux pour les fines bouches » « Quelques idées de cadeaux pour hommes qui-a-tout».

Livraison et stocks

Soignez la livraison de vos produits dans les délais promis. Rien de plus ennuyeux que de recevoir un article en retard surtout s’il s’agit d’un cadeau pour un proche! Vous voulez éviter à tout prix ce genre d’incident qui risque de vous faire de la très mauvaise publicité, si l’on se fie à l’adage Un client satisfait en parle à 2 ; un client insatisfait en parle à 10. Soyez prévoyant et prudent dans vos délais de livraison et dans la gestion de vos stocks. Un article demandé, mais non disponible devient frustrant pour le client et pour l’entreprise qui perd une vente!

La magie dans l’air

Si vous avez pignon sur rue, pensez à une vitrine accrocheuse qui met les clients dans l’ambiance des Fêtes. Pensez aussi à plaire aux enfants ! Si vous faites briller les yeux des plus petits avec une décoration et une vitrine féérique, les papas et mamans seront aussi séduits!

Soyez flexibles

Accommodez vos clients en cette période des Fêtes en prolongeant, par exemples, vos heures d’ouverture, en offrant un service d’emballage gratuit pour leur faire sauver du temps ou en prolongeant le délai d’échange des articles vendus.

Service après-vente soigné

 « Soyez réactif, car, qui dit plus d’achats pour les Fêtes dit aussi plus de retours ou de réclamations! » de dire Charles-André Morel, conseiller en Vente-conseil au SAJE. « Votre service-client sera plus sollicité durant cette période et afin de renvoyer une image positive de votre entreprise, un service courtois et efficace sera un bel atout. Comme client, on a tous vécu des histoires d’horreur dans les files interminables de magasins à faire des réclamations auprès de vendeurs confus et non courtois, cela ajouté à une musique ringarde jouée trop forte supposée susciter la joie, mais résultant plutôt en un mal de tête et une envie de sortir au plus vite!

Mettez vos employés dans le coup en leur rappelant l’importance de leur attitude patiente et positive. Pensez à les encourager et les mettre dans l’ambiance des Fêtes avec de petites attentions envers eux. »

 Ne soyez pas trop chiche!

Mr. Scrooge à Noël, ce ne sera pas vous! Gardez en tête que toutes les marques et surtout vos compétiteurs mettent les efforts doubles pour se démarquer et chouchouter leurs clients. L’esprit des Fêtes, c’est offrir! Offrez un plus à vos clients. Qu’il s’agisse d’un rabais sur un ensemble de produits ou encore un article donné en extra. Vous pouvez aussi payer la livraison ou encore offrir un coupon-rabais pour le prochain achat (excellent pour fidéliser les nouveaux clients)! Surtout, faites différent du reste de l’année. Un emballage élaboré ou une boîte réutilisable donnée en cadeau, un échantillon d’un de vos produits, ou encore un article en lien avec les Fêtes. Soyez le plus possible cohérent avec l’offre et l’expertise de votre entreprise. Si vous vendez de la décoration, n’allez pas offrir des biscuits de Noël, par exemple!

Le Temps des Fêtes est aussi synonyme de partage et de charité. Un partenariat avec une association caritative ou des profits remis à une cause peuvent contribuer à dorer l’image de votre entreprise.

VOUS VENDEZ EN LIGNE ? Quelques trucs

Charles-André Morel, conseiller en Vente-conseil au SAJE suggère :

-Pensez à orner votre site web et logo d’une thématique de Noël. Les vitrines décorées pour les fêtes sont tout aussi applicables pour les commerces en ligne!

-Fructifiez l’achalandage de votre site pour augmenter votre base client! Un client ayant apprécié son expérience pourrait devenir un client fidèle.

-Personnalisez l’expérience client en ligne est un défi. Accompagnez l’envoi avec une attention particulière (carte de souhaits manuscrite, rabais pour une prochaine commande adressé au nom du client, etc.).

-Récompensez vos meilleurs clients en leur proposant des offres spéciales.

Après les Fêtes : remercier vos clients !

Gardez contact avec vos clients réguliers et les nouveaux clients acquis. Pour les nouveaux clients, assurez-vous de pouvoir les joindre. Vous pourrez, par exemple, leur envoyer une communication de bienvenue et les inviter à vous suivre sur les médias sociaux. N’hésitez pas à recueillir les commentaires sur vos produits et services et peut-être leur offrir une récompense lorsqu’ils vous envoient un ami!

Profitez du début du mois de janvier pour remercier vos clients et leur communiquer des souhaits sincères pour l’année à venir. Puis…

Enfin…Respirez, soufflez et hop! Laissez la nouvelle année vous insuffler créativité et prospérité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Le temps, c’est de l’argent » comme le dicte le célèbre adage.   Pour un entrepreneur, 24 heures dans une journée ne sont jamais assez. Or, avez-vous déjà réfléchi à savoir si vous consacrez votre temps aux bonnes tâches?

Quand vient le temps de structurer son projet d’affaires, il importe de réfléchir aux activités les plus importantes de l’entreprise, c’est-à-dire celles qui ont pour but de créer de la valeur pour le client.

Dans un article précédent au sujet du Tableau du modèle d’affaires, le « Business Model Canvas » nous avons abordé la question des flux de revenus, soient les entrées d’argent.   Nous avons aussi abordé plusieurs points de la structure de l’entreprise dans d’autres articles précédents :

Les canaux de distribution; ou comment votre service ou produit sera accessible à vos clients

Nous nous intéressons maintenant aux activités clés.

(suite…)

Lancée en 2007, Zorah biocosmétiques a vu cette année son chiffre d’affaires bondir de plus de 400% en s’ouvrant aux marchés canadien et international. La popularité des produits Zorah, maintenant disponibles sur les tablettes des magasins naturels du pays entier, a été telle qu’à un certain moment, la production s’est avérée insuffisante pour combler la demande. Les ventes ont dû être stoppées!

« Ce moment a été tellement stressant. On a dû investir dans de la grosse machinerie pour arriver à répondre à cette demande urgente. Disons que ça reste un beau stress! », de commenter la jolie femme à la tête (épaulée de son conjoint) de Zorah biocosmétiques. 

Les débuts : d’heureux hasards!

Trois ans avant de lancer l’entreprise, Mélissa Harvey, qui voulait étudier le commerce équitable, part au Maroc dans le cadre d’un stage en coopération internationale. Elle y rencontre une coopérative de femmes qui produit l’huile d’argan et leur donne un coup de pouce. Les femmes de la coopérative, par manque de fonds, se voient menacées d’expulsion par les propriétaires des terres exploitées pour la culture de l’arganier. Mélissa écoute son cœur et décide d’investir. Elle met toutes ses économies pour sauver la coopérative avec l’idée de vendre l’huile d’argan au Québec.

C’est avec une première cargaison de produits que Mélissa apprend à la dure les rouages de l’export-import. Cette cargaison se vend en moins de 12h au marché Jean-Talon. Ce même jour, elle rencontre une biochimiste qui deviendra une alliée hors pair et l’aidera à créer une première gamme de produits cosmétiques correspondant aux normes de l’industrie. « Zorah, ce n’est que ça : des rencontres opportunes et d’heureux hasards!»

Visez haut

C’est dans les tout débuts de son projet d’affaires que Mélissa Harvey va cogner à la porte du SAJE en y voyant plusieurs avantages. « J’étais déjà avancée dans mon plan d’affaires, mais en complétant la formation Lancement d’une entreprise, j’ai pu gagner en crédibilité auprès des prêteurs. Faire son plan d’affaires avec le SAJE : ça ouvre des portes! »

Pour créer ses gammes de produits, elle s’inspire des propriétés d’une matière naturelle. Que ce soit le beurre de Cupuaçu, de chia, de karité, l’huile d’argan ou autre… les produits élaborés sont le fruit d’une longue recherche et de plusieurs tests en laboratoire. Zorah dispose d’une équipe de biochimistes engagés à temps plein. « On se compare à ce qui se fait de mieux sur le marché. » Un exemple? Après 6 ans d’études, Zorah a créé un mascara bio à partir de la transformation l’huile de ricin. « Ça nous a couté cher en recherche et développement, mais ce produit ne cesse de remporter des prix depuis sa mise en marché! »

Zorah mise sur un marketing solide. Son image de marque rivalise avec les grands noms de la beauté. Les cosmétiques Zorah s’affichent dans les magazines féminins comme produits chouchous des fashionistas, aux côtés des items L’Oréal ou Lancôme. « Le marketing, c’est vraiment notre force! Par exemple, pour développer nos produits, nous nous fions à la participation de nos clients sur les réseaux sociaux. Ce sont eux qui nous disent les produits qu’il souhaitent avoir. »

Certifications ou non?

Dès les débuts, il était important pour Mélissa que les produits portent un sceau pour leur particularité biologique. « Le processus de certification Ecocert et Québec vrai a été très long. Les inspecteurs analysent tout, tout, tout! Du produit nettoyant de notre plancher à la quantité d’eau gaspillée, les contenants et bien entendu, les ingrédients. (95% des ingrédients doivent être certifiés biologiques pour obtenir la certification) Mais c’est sécurisant pour le consommateur de voir ces certifications. Mais nous n’avons pas fait des produits équitables et écologiques seulement pour séduire les consommateurs : nous ne pouvions faire autrement, ce sont nos valeurs! »

La responsabilité sociale de l’entreprise se définit autant auprès des fournisseurs des matières premières, des coopératives pour la plupart, qu’auprès des employés à Montréal avec lesquels l’entreprise prône une gestion participative.

« Le bioéquitable et la responsabilité sociale corporative sont de puissants outils de différentiation, surtout sur les marchés plus traditionnels où les règles du jeu n’ont pas beaucoup changé dans les dernières années.», de commenter Bruno Gariépy, conseiller en Gestion de croissance des entreprises au SAJE. « Si l’on se fit aux études de l’observatoire sur la consommation responsable, ce type d’achat représente une tendance lourde pour une catégorie bien précise de consommateur, ce qui facilite le positionnement pour l’entreprise désireuse de s’engager dans cette voie

La vie en (presque toujours) rose

Le parcours de l’entrepreneure paraît sans embûches, comme si les astres s’alignaient parfaitement pour faire briller le soleil en tout temps. Détrompez-vous! « Que ce soit par exemple,  couper mon salaire ou celui de mon conjoint pour pallier d’autres besoins, nous avons dû faire beaucoup de sacrifices! Nous voulions tout gérer nous-mêmes de A à Z, mais si c’était à refaire, je prendrais par exemple un distributeur pour rejoindre un maximum de points de vente au lieu de tout faire moi-même, un contact à la fois. Bref, j’ai pris le chemin le plus long! Il ne faut pas hésiter à faire appel à des professionnels.»

 Sept ans après sa mise sur pied, Zorah est la seule entreprise de biocosmétiques en Amérique du Nord à exporter à l’International, soit en Algérie, en Turquie, au Liban et en Russie. Pas moins de 2500 femmes berbères travaillent aujourd’hui pour Zorah au Maroc. On comprend pourquoi Mélissa a les yeux qui brillent à parler de Zorah et de ses projets futurs, notamment, s’établir aux États-Unis, et y fabriquer les produits directement, pour continuer de vendre un produit fait localement.

Au Québec, Zorah souhaite poursuivre sa mission sociale de former la population québécoise sur les effets des produits chimiques sur la peau. « Nous le faisons déjà et allons continuer à le faire : sensibilier les femmes pour bien lire les étiquettes des produits, pas seulement les nôtres, et ainsi faire les bons choix. »

Vraiment, Mélissa Harvey représente une nouvelle génération d’entrepreneurs engagés qui, avec patience et convictions, misent sur la qualité et la responsabilité sociale. Et…ça marche!

Jean Gosselin n’a pas honte de le dire : il est du type « grande gueule ». Ça tombe bien, car… c’est un peu pour ça qu’on le paie. La communication, trouver le message juste, la façon et le moment de le dire, c’est son gagne-pain. Son nom fait l’entreprise dont il est le seul employé. Jean Gosselin | Stratège en communications corporatives se spécialise dans les stratégies de communication, la gestion de réputation et relations publiques pour entreprises privées, personnalités ou OSBL.

C’est avec un bagage de plus de 30 ans d’expérience cumulés d’abord auprès d’organisation du milieu du sport et du loisir, puis en agence (chez National) que l’homme dans la cinquantaine s’est lancé à son compte, au printemps 2012.

« Vous considérez-vous comme un entrepreneur ou plutôt un travailleur autonome, à la base?» est ma première question.

Il hésite, jongle. Puis, l’homme au nœud papillon (il en a des douzaines et en fait sa marque de commerce) répond avec toute sa volubilité : « Il n’y a pas si longtemps je ne voulais pas me définir comme un entrepreneur. Un entrepreneur souhaite que son entreprise grandisse. L’objectif de croissance de mes ressources humaines est fixé à 0 %! Je dirais en fait que je suis plutôt un travailleur autonome qui a un pas pire esprit entrepreneurial.»

C’est lors d’un congé sabbatique à la fin de 2009 que tout se met en marche. Il profite de ce temps d’arrêt pour réfléchir à ce que serait son avenir professionnel. Un peu surpris, car il ne s’y attendait pas, il est interpellé pour effectuer des mandats. Le germe du travailleur autonome vient d’être semé, mais ce n’est pas encore le moment du grand saut.

Au mois d’août 2010, il reprend le collier. Expert du marketing sportif, il se joint au Comité olympique canadien pour y conseiller le nouveau président et la nouvelle haute direction alors qu’ils prenaient les reines de l’organisation. Quelques mois après la fin de ce mandat, au printemps 2012, il décide de se lancer et depuis, tout coule de source.

« J’aimais mon travail, mais je voulais surtout me concentrer sur mon rôle de conseiller stratégique auprès des organisations. Je voulais aussi récupérer les décisions sur mon agenda. Mon congé sabbatique m’a permis de comprendre que l’indice de bonheur, au travail comme ailleurs, devait prendre plus de place dans la balance de mes choix. »

Avec l’intention de démystifier le travail autonome et parce qu’il aime aller au fond des choses, Jean Gosselin s’attelle à la Mesure de soutien au travailleur autonome qui lui donne l’encadrement nécessaire pour peaufiner son projet.

Avec la formation Lancement d’entreprise, il réalise qu’il est pas mal plus entrepreneur qu’il ne le pensait. Sans qu’il s’en aperçoive, la vie de consultant l’a préparé à vivre l’entrepreneuriat.

« En fait, même si j’avais un patron et un chèque deux fois par mois, je me suis rendu compte que ma façon de travailler en agence faisait preuve d’esprit entrepreneurial. Il fallait trouver de nouveaux services à offrir, de nouvelles avenues à prendre. Il fallait être créatif et autonome. »

SAVIEZ-VOUS QUE…
75% des entrepreneurs à Montréal sont travailleurs autonomes?

Le SAJE, branché sur cette réalité, offre des services qui permettent aux pigistes  et travailleurs indépendants de faire avancer leur carrière.Que vous soyez enregistré ou incorporé, plusieurs formations et ateliers vous sont destinés. Voyez le programme subventionné Soutien au travail autonome (certains critères s’appliquent). Des ateliers ponctuels, notamment sur la fiscalité et la comptabilité, sont aussi disponibles.

Puis, sur sa route, la formation Vente-Conseil :

« Je dois l’avouer, j’étais réfractaire à suivre cette formation, ayant beaucoup de préjugés face à la vente. Tout de suite, c’était l’image du vendeur d’aspirateurs qui me venait en tête. Mais j’ai vite réalisé que ce cours est, selon moi, mal nommé. On va beaucoup plus loin que les seules techniques de vente; on devrait plutôt l’appeler « développement d’affaires ». Quand j’ai compris de quoi il en retournait, les préjugés ont pris le bord et j’ai absorbé tout ce que j’ai pu. »

C’est par l’entremise de cette formation qu’il teste aussi, auprès des formateurs et des pairs, ses messages, son esprit persuasif. « Je me surprends à appliquer aujourd’hui des trucs ou techniques de Vente-Conseil. J’ai intégré ça. Au fond, j’aime trouver un nouveau service, une nouvelle façon d’aider mes clients, tout autant les anciens que les nouveaux. Je n’ai pas besoin d’avoir 8000 clients. Ceux que j’ai me confient des mandats que j’aime réaliser.»

Si sa bonne réputation, son carnet de contacts garni et ses 30 ans d’expérience semblent être ses plus grands atouts, Jean Gosselin renchérit : « Mon avantage est un cumul d’expertises avec une préoccupation pour le service client. Qualité, rigueur, disponibilité, faire sentir à son client qu’il est important… Je suis « pas pire » là-dedans. » dit-il en riant.

Son autre ingrédient pour le petit goût de revenez-y : « Je ne suis pas complaisant avec mes clients qui me disent doctorant en « pourquoi » spécialisé en « oui, mais ». C’est de cette façon que je les pousse à réfléchir, à leur faire voir différentes options (même celles qu’ils ne veulent pas voir) afin de les amener à déterminer ce qui est le mieux pour eux. On m’apprécie pour ma franchise. »

« Je touche du bois, tout va bien depuis mon démarrage. Bien entendu, il a fallu faire des ajustements au début. Comme plusieurs entrepreneurs, j’avais un plan d’affaires un peu trop ambitieux. Mon offre de service, tout comme mon segment de clients étaient beaucoup trop vastes. Le marché, mes ressources et ma préoccupation pour mon indice du bonheur m’ont ramené à l’ordre. »

« Maintenant, je me concentre sur ce que je fais le mieux et qui répond à ce que la clientèle que je vise demande. Et quand c’est nécessaire, j’ai recours à mon réseau de collaborateurs qui viennent compléter mon expertise ou qui peuvent prendre en charge les opérations pour me permettre de faire ce que j’aime le mieux, du conseil stratégique en communication corporative, en commandite et en marketing sportif. »

Trait de personnalité ou fruit de l’expérience de vie, l’insécurité du travail autonome ne l’affecte point. J’ai un réseau de contacts établi. Mon métier à moi c’est de prévenir les crises, donc j’applique ça à mon entreprise. Pour prévenir les baisses de régime, je donne des formations, je fais autre chose.»

En effet, son éloquence et son expertise se sont fait remarquer au SAJE puisque Jean Gosselin est devenu un collaborateur régulier. Il est formateur pour le cours Vente-conseil (tiens, tiens…) où il livre notamment le cours sur le marketing. Un formateur apprécié et passionné qui met les entrepreneurs en devenir au défi.

Le travailleur autonome entreprenant est un exemple vivant qu’il n’y a pas d’âge pour faire le saut et devenir son propre patron. Passé la cinquantaine, le bagage d’expérience cumulé forme un plus grand parachute qui rend le vol encore plus doux et planant, pas moins excitant! Et ça, c’est bon l’indice du bonheur.

 

Les bijoux Anne-Marie Chagnon sont faits d’étain ciselé, de verre diaphane, de résine lumineuse et d’or somptueux. Des éloges à la liberté conçus pour les femmes indépendantes d’esprit. C’est de cette façon qu’Anne-Marie décrit ses créations, assise dans son grand bureau-atelier, au milieu de toiles, d’accessoires de peintures et de matériaux de création de bijoux.

Avec son frère David, directeur général depuis 2009, elle gère aujourd’hui une compagnie florissante qui va à contre-courant des tendances globales. En effet, le nombre de manufacturiers locaux est en déclin, les entreprises canadiennes choisissant majoritairement de produire à l’étranger pour augmenter leurs marges de profit. Bien avant la tendance des produits locaux, l’artiste bijoutière établissait la production locale et la relation avec la communauté comme base de son modèle d’affaire. Aujourd’hui, le siège social, l’atelier et son espace boutique sont situés dans un studio de la rue Casgrain en plein Mile-End, à Montréal.

Sachant utiliser la fabrication locale comme un avantage concurrentiel, Anne-Marie et David choisissent de mettre de l’avant la qualité de la fabrication ainsi que la rapidité d’adaptation et de réponse. Ils réussissent à produire plus de modèles en plus petite quantité, à offrir plus de choix de couleurs et à livrer plus rapidement que les concurrents qui font assembler en Asie.

Investir pour répondre à la demande

Anne-Marie a commencé à créer des bijoux et à les vendre alors qu’elle était encore aux études: « Dès l’âge de 19 ans, j’avais embauché une amie qui m’aidait avec l’assemblage des bijoux. Puis, lorsqu’il est devenu nécessaire de fabriquer des moules, pour augmenter ma capacité de production, mon père m’a donné 1000 $. L’investissement, les embauches et l’achat de matériaux sont toujours venus par nécessité. »

La production a augmenté grâce à des contrats avec des clients importants tels Le Cirque du Soleil qui lui confiera en 2003 la création de bijoux exclusifs pour le spectacle Zumanity, à Las Vegas. À partir de ce moment, et pendant une décennie, Anne-Marie Chagnon a signé chaque année une collection exclusive au Cirque du Soleil, offerte dans les boutiques de l’institution partout dans le monde et en ligne.

David ajoute : « Depuis mon arrivée, notre plus grand défi a été de structurer une équipe pour professionnaliser les opérations. Évidemment, avec des clients comme Le Cirque du Soleil et plusieurs distributeurs majeurs partout dans le monde, nous n’avions pas le choix de produire des catalogues périodiquement et d’avoir un minimum de modèles en inventaire. Nous produisons toujours sur demande, mais avons une réserve tampon de la collection actuelle pour répondre aux demandes ponctuelles. Nous avons donc mis en œuvre, à l’aide de gens qualifiés, un progiciel de gestion intégré (ERP) pour faire le suivi de l’inventaire et le contrôle de la qualité. »

Avec son expérience de gestionnaire, au sein d’une autre PME, d’une grande compagnie et de par sa formation au MBA, David était la personne toute indiquée pour épauler sa sœur à la tête de l’entreprise, maintenant une entreprise familiale. Sa vision particulière contribue aussi au succès de l’entreprise. « Une entreprise est une micro société. Nous nous assurons que nos employés soient épanouis dans leur travail, qu’ils sentent qu’ils ont de l’influence dans l’entreprise, des horaires flexibles et autres avantages. Nous prenons soins de notre monde et ça fait notre succès à tous. L’organisation est aussi un acteur social qui se doit d’être responsable, autant avec les membres du personnel que pour le reste de la société. Appuyer des causes fait aussi la fierté de notre équipe. »

Des organismes de charité organisent des soirées-bénéfices à même l’espace boutique de l’atelier pour amasser des fonds à partir des profits de la vente de bijoux. Par exemple, grâce à des collections-bénéfices spéciale comme Les bijoux porteurs d’espoir, Anne-Marie Chagnon a versé plus de 60 000 $ à l’Institut du cancer de Montréal pour la recherche sur le cancer de l’ovaire.

Gérer la croissance

C’est par l’entremise du Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ) que les frangins ont rencontré leur conseiller SAJE, André Menand. Avec lui, ils ont pu mettre en perspective certaines de leurs idées et attentes: « Anne-Marie et David parlaient de lancer une deuxième gamme de bijoux: uniques et plus dispendieux. Pénétrer un marché haut de gamme, avec une marque déjà connue pour un autre marché, peut s’avérer ardu et nécessiter autant d’effort que de lancer une nouvelle compagnie. Ça nécessite parfois de changer de nom et d’investir en publicité. »Anne-Marie et David ont donc plutôt entrepris de tester en douceur, le marché haut de gamme avec des créations fabriquées avec des matériaux plus rares. Ils ont pris la décision de ne pas lancer de gamme complète, mais de proposer cette option à quelques clients particuliers. C’est une avenue rentable qui permet à Anne-Marie de s’amuser avec des matériaux trop uniques pour la gamme régulière de la marque.

À propos des conseils reçus au SAJE, David ajoute: « André nous a aussi exposé au concept de la Roue de la croissance. Nous étions à l’étape où nous répondions OUI à toutes demandes de tous types de clients, sous prétexte que nous étions en développement d’affaires. Si cette étape s’éternise, ça peut devenir très couteux! Vouloir offrir tous les modèles dans toutes les couleurs et vouloir plaire à tous les marchés, c’est risqué. André nous a aidés à être plus sélectifs pour déterminer quel le marché pour lequel il valait la peine d’investir (temps et argent), et à trouver des manières toujours plus novatrices de servir nos clients. »

Anne-Marie avoue qu’elle a été soulagée de constater que chaque palier de la Roue de la croissance apporte son lot de défis: « Quand j’ai demandé à David de se joindre à moi à la tête de l’entreprise, j’avais l’espoir qu’il règlerait tous mes problèmes! J’ai vite constaté, en me comparant à d’autres propriétaires d’entreprises, qu’on ne peut jamais être en mode pilote automatique puisque l’entreprise évolue. Quand nous avons pénétré de manière durable un marché, nous devons relever des défis pour répondre aux demandes du prochain marché envisagé. On doit rester conscients de où l’on se situe et prévoir la prochaine étape de croissance. »

Après 20 ans d’activité, l’entreprise a plus que jamais le vent dans les voiles.

 

 

 

 

Le SAJE a rencontré des experts en placements et en assurances de chez Coaching Financier TREK pour obtenir leurs conseils et vous en faire bénéficier. Voici quelques conseils de base pour alimenter vos réflexions.

1- Faites des choix éclairés parmi les types d’assurances destinées à des entrepreneurs ou travailleurs autonomes.

Il faut souvent composer avec des ressources financières restreintes en phase de démarrage d’entreprise, mais le besoin de protection en cas de décès, d’invalidité ou de maladie grave n’est pas négligeable pour autant.

La protection la plus importante en matière d’assurance pour vous et votre famille est l’assurance invalidité. Elle permet de maintenir en place jusqu’à 70% de votre revenu mensuel net en cas d’arrêt de travail prolongé. Cette solution est modulable, c’est-à-dire que les montants des primes et des indemnités peuvent être changés à mesure que votre situation évolue. Fait à noter : 50% des primes que vous payez pourraient vous être remboursées après un certain temps, si vous n’avez rien réclamé!

Il existe aussi l’assurance maladie grave. Celle-ci permet le maintien de votre style de vie ou de votre entreprise en cas d’un AVC ou d’une crise cardiaque, de diagnostic d’un cancer ou d’autres maladies (jusqu’à 22 maladies peuvent être couvertes chez certains assureurs.) Il est important de noter dans ce cas-ci que les primes pourraient vous être remboursées à 100% après un certain temps, si vous n’avez rien réclamé*

La troisième est la plus connue : il s’agit de l’assurance-vie. La majorité des gens ont une assurance temporaire (celle qu’on nous vend avec notre hypothèque), qui a l’avantage d’être très abordable. L’assurance permanente, constitue quant à elle une solution fiscalement avantageuse pour ses propriétaires. En effet, des participations exonérées d’impôts (valeurs de rachat) s’accumulent dans la police et permettent d’être, en plus d’une simple protection, un excellent complément de retraite pour plus tard.

2- Prenez des précautions, si vous avez des associés.

C’est facile de prendre des décisions d’un commun accord lorsque deux partenaires en affaires sont en bonne santé et envisagent l’avenir de la même façon. Il peut en être tout autrement quand l’un des deux devient invalide ou décède. Une convention entre actionnaires permet de déterminer objectivement ce qu’il adviendra de l’entreprise à des moments spécifiques et importants de la vie de ses actionnaires.

La convention d’actionnaires est un contrat ayant force obligatoire, conclu entre les propriétaires d’une entreprise. Elle sert à indiquer préalablement ce qui se passera si un des propriétaires meurt, devient invalide ou gravement malade et est contraint ou décide de quitter l’entreprise. Par exemple, imaginez que votre partenaire d’affaires décède et que sa famille hérite de ses parts : la convention permettrait d’assurer que les actions ne soient pas héritées par défaut.

Toujours en cas de décès, sachez que si votre associé et vous avez des assurances-vie, le montant en assurance permet à l’entreprise de racheter les parts du défunt et de rapidement régler les sommes dues à sa succession. Cela simplifie grandement les litiges potentiels reliés au processus successoral du défunt et protège ainsi les autres associés.

L’assurance rachat de parts en cas d’invalidité, permet quant à elle de protéger les associés en cas d’invalidité prolongée. Comme son nom l’indique, elle permet aux autres associés de racheter les parts de l’associé invalide, généralement après 12 à 24 mois d’invalidité.
3- Protégez vos actifs personnels des créanciers en cas de faillite ou de poursuite.

Investir dans un « Fonds distincts » est une excellente façon de protéger son épargne contre un revers de fortune. Ces fonds sont disponibles pour toute catégorie d’investissement (REER, CÉLI, CRI etc) et sont légalement considérés insaisissables. Ces fonds, offerts uniquement par les grandes compagnies d’assurances, agissent au même titre qu’un fond commun de placement. Un fond distinct comprend un bénéficiaire nommé qui rend donc l’investissement légalement protégé contre tout type de créanciers et poursuites (en cas de faillite, par exemple.)

En tant qu’entrepreneur ou travailleur autonome, vous évoluez dans un monde incertain. Il peut être rassurant de prendre des précautions. Pour en savoir plus, nous vous invitons à contacter les experts de TREK en cliquant ici.

N’hésitez pas à leur poser vos questions!

01
sept
publié par: Amélie Nappert

Il est jeune, énergique, éloquent. Il n’a pas peur de l’adversité. Sa confiance en lui apparaît inébranlable.

D’ailleurs, vous aurez peut-être admiré son sens de la répartie lors de son passage Dans l’Oeil du Dragon, il y a un an. L’un des impitoyables juges avait d’ailleurs fortement douté de la viabilité de son entreprise, VoxSun (https://www.voxsun.com/), avec l’argument que ce genre de services en télécommunications était dépassé. Faisant fi de cet avis, deux autres juges ont cru en lui et ont financé le projet.

Un succès certain

Un an plus tard, le succès de son entreprise en téléphonie d’affaires vient leur donner raison. Une croissance du chiffre d’affaires de 300% en un an. Rien de moins!

Jeremy Pastel, fondateur et actionnaire principal de VoxSun a toujours voulu se lancer en affaires dans le domaine des télécommunications. Après avoir étudié le marché de la France, celui de l’Angleterre, l’Australie puis les États-Unis, c’est le Canada qui lui est apparu comme le plus prometteur.

« En arrivant, j’ai décidé de travailler en télécommunications pour comprendre les rouages du marché. Puis,  je me suis dirigé rapidement vers le SAJE réaliser un plan d’affaires et bénéficier d’un support financier (il a bénéficié de la mesure de Soutien au travail autonome). J’avais besoin de comprendre les réalités du monde des affaires au Québec et d’acquérir aussi une mentalité d’entrepreneur. Mon passage au SAJE m’a apporté tout ça.»

Une équipe dynamique

On pourrait se demander comment les PME arrivent à se démarquer pour attirer de bons employés, alors qu’elles ne jouissent pas de la même notoriété ou stabilité que les grands joueurs, surtout dans le domaine des télécommunications où il y a quelques géants, peu de petits survivants.

Jeremy Pastel répond: « On a beaucoup de choses à offrir que les grosses boîtes ne peuvent pas se permettre. Première chose : nous sommes cool. Sans blagues, c’est important! Nous offrons une ambiance décontractée, encourageons l’esprit d’innovation. C’est aussi offrir de petits cadeaux à nos employés, un lunch ensemble, etc »

Un autre aspect qu’il mentionne est la perspective d’évolution au sein de l’entreprise. « Les grandes entreprises ne permettent pas tant de mobilité dans les tâches et les responsabilités. Chez VoxSun nous allons plus loin, nous encourageons la créativité et l’appropriation de projets auprès de nos employés. » L’entreprise encourage les employés à consacrer 10% de leur temps au développement de nouveaux projets créatifs et personnels. 

VoxSun a des employés qualifiés et motivés. Et maintenant… les contrats?

« Il est certain que parmi les grands joueurs en télécommunications, nous devons montrer notre crédibilité. Pour ce, notre passage à la télévision a réellement aidé. Nous avons depuis des partenaires solides comme Planet Mobile. » L’entreprise vit un vrai boum. « Mais, il faut faire attention et continuer de soigner ses services, recommande-t-il. Au moins 30% de nos ventes proviennent des bons mots de nos clients. »

Une stratégie qui rapporte

VoxSun mise également sur une stratégie marketing efficace mais économe qui utilise les médias sociaux à plein escient. « C’est là que ça passe aujourd’hui. Les médias sociaux ont plus d’impact que la télévision. VoxSun arrive à faire du bruit sans investir beaucoup d’argent. Ce que certains font avec 10 000, nous le réalisons avec 1000$. »

L’entreprise utilise les ressources internes et a investi dans du matériel pour tourner par exemple, des capsules vidéos qui font la promotion de leurs services.

Aujourd’hui, avec une expérience d’entrepreneur de quelques années, de bons partenaires et un bagage d’outils acquis, le jeune gestionnaire est des plus confiants : « Les contrats abondent, mais en cette phase de croissance, les marges de profit ont tendance à diminuer. Plus je vends, plus j’ai tendance à dépenser. C’est un piège. Je passe beaucoup de temps à superviser nos activités de plus près pour assurer que nos services soient livrés avec la même qualité, efficacité et les mêmes délais. C’est mon souci principal : gérer cette croissance pour éviter que l’on se casse la gueule.»

Ali Taieb, conseiller spécialiste en Gestion-croissance en entreprise au SAJE renchérit : « Il est en effet essentiel de planifier la croissance plutôt que de la subir. Pour réussir la planification, il est primordial de considérer l’entreprise comme un système où les fonctions travaillent en cohérence vers une ligne directrice claire. Au plan stratégique, par exemple, il y a lieu de définir, d’une manière réaliste, spécifique et mesurable, les objectifs de croissance à court et moyen terme et de planifier par exemple, les actions de marketing ou de recrutement en conséquence. »

Quand on lui demande s’il peine à souffler, le Jérémy Pastel rétorque: « Je ne calcule pas mon temps, j’aime ce que je fais, tout simplement! » Dans le prochain mois, l’entrepreneur s’adressera à ses pairs et publiera un livre de conseils en affaires! À suivre… (Jeremy vous invite à le suivre sur sa page Facebook )